
Le projet "miscanthus" n'est pas nouveau, à la Coopédom, mais il progresse à grands pas. À l'heure actuelle, 160 ha de la culture sont implantés, soit chez des adhérents, soit chez de nouveaux coopérateurs. Les planteurs octroient, en moyenne, 2,5 ha de leur parcellaire à la culture énergétique.
Aujourd'hui, l'objectif est d'accélérer les implantations : "dès 2009, soit deux ans plus tôt que ce que nous avions initialement prévu, l'un de nos deux fours fonctionnera à partir de biomasse, explique Frédéric André, responsable technique et production. La première année, il s'agira en grande majorité de biomasse forestière, mais du miscanthus sera déjà employé. Par la suite, sa part sera progressivement augmentée pour atteindre 60 % sur un four. Notre objectif est donc un total de 400 ha de miscanthus implantés en 2011."
Suivi technique en partenariat
Pour faciliter les choses, la coopérative prend sous sa responsabilité une bonne partie de l'itinéraire technique (elle centralise aussi les déclarations Pac). L'implantation est réalisée par un organisme planteur. Seule la préparation du sol, en profondeur afin de permettre une bonne installation du système racinaire, et le désherbage de première année sont à effectuer par l'agriculteur. L'utilisation d'herbicides n'est a priori pas requise par la suite.
La coopérative assure un suivi technique tout au long de l'itinéraire. "En terme de fertilisation, si nous disposons pour l'heure d'assez peu de données, on devrait avoir très peu d'exportation de minéraux", indique Romain Carpentier, qui réalise une étude sur le miscanthus en partenariat avec l'Agrocampus Ouest et le Conseil général.
De nouvelles références devraient donc être disponibles en février-mars. C'est à cette période qu'a lieu la récolte de la culture (uniquement ses cannes), une fois les feuilles tombées et seulement à partir de la deuxième année. S'il est trop tôt pour connaître les rendements exacts, la Coopédom table sur des scores de 5 à 10 t/ha en première récolte, 17 t/ha en vitesse de croisière.
Coup de pouce financier
En plus de s'impliquer techniquement, la coopérative met la main à la poche pour encourager la mise en place de la culture : s'ajoutant aux 800 euros/ha du Conseil général, 700 euros/ha sont en effet proposés par la coopérative pour la vulgarisation de la déshydratation agricole (CVDA), ce qui porte le montant d'aides à 50 % du coût total de la culture. Le miscanthus reste assez onéreux (3000 euros/ha) compte tenu de la provenance lointaine des rhizomes, l'Angleterre. "Par ailleurs, nous proposons deux formules : soit l'autofinancement, soit un emprunt à rembourser lors des premières récoltes", indique Carine Chassé, agricultrice à Piré et secrétaire du CVDA. Le produit est, alors, racheté 40 – 45 euros net / tonne à l'adhérent, autour de 15 % de MS. Un prix revu chaque année et indexé sur le prix de l'énergie et des céréales, les contrats courant au minimum sur 7 ans.
Anne-Laure Lussou
Photo : Carine Chassé, agricultrice à Piré et secrétaire du CVDA (Coopérative pour la vulgarisation de la déshydratation agricole), Frédéric André, responsable technique et production à la Coopedom et omain Carpentier, responsable du suivi de l'étude miscanthus,devant une parcelle à récolter en février mars prochain.