
Bertrand Posté, délégué régional de la Fédération des industriels laitiers, intervenait lors de l’assemblée générale de la Confédération Paysanne 22. Il a voulu recadrer ce qui se trame pour le secteur laitier. « C’est vrai que nous devrions à l’avenir évoluer vers plus de formalisation dans un secteur où était plutôt ancrée une tradition orale ». Mais la fin annoncée des quotas, la dérégulation de marchés pourraient changer la donne. Cependant, il ne voit pas la filière laitière évoluer dans un marché totalement débridé. « Nous avons tou intérêt à maîtriser les volumes pour préserver un certain équilibre ».
Durée, prix, volume …
Des préalables indispensables avant que de poser les termes du contrat ou plutôt des contrats qui devront à la fois intégrer des notions de durée, de prix, de volumes, de qualité, de saisonnalité, et aussi des préavis de dénonciation, d’éventuelles sanctions ainsi que les conditions de la cessibilité.
Il paraît évident pour tout le monde que la durée des contrats sera pluriannuelle. Bertrand Posté évoque 5 ans, 7 ans, 10 ans. Un minimum pour les éleveurs qui sont intervenus de la salle en s’interrogeant : « Comment envisager des investissements sans un minimum de garanties sur la durée ». Le représentant de la transformation assure que pour le moment rien n’est tranché.
Le prix est évidemment une donnée essentielle. « Un prix pas facile à déterminer à l’avance, dès lors que les marchés sont soumis à des fluctuations importantes, les opérateurs devant faire face à une concurrence de plus en plus mondialisée ». Reste l’interprofession avec ses recommandations, que la DGCCRF a interdites. « Cela complique les choses », admet le représentant des industriels. Le débat tourne désormais autour de la possibilité d’utiliser des indicateurs de marchés, mais aussi de coûts de production. Ce dernier point est jugé positif et essentiel par les producteurs, car ce serait la première fois que cet élément serait effectivement intégré.
Un prix, mais pour quel volume. « La réflexion est en cours. Il est évoqué la possibilité de prendre comme référence le quota individuel de chaque exploitation, mais avec des moyens d’adaptation ». Dès lors, il pourrait y avoir un prix d’objectif pour 90/95 % de la production contractualisée et un solde de 5 à 10 % indexé en fonction des valorisations d’opportunité du marché et de l’entreprise. Pas réellement un double prix mais quelque chose d’approchant. Et très probablement pas tous les producteurs à la même enseigne.
Adapté à chaque laiterie
Les autres éléments déterminant du prix-qualité, saisonnalité- devront probablement aussi s’accommoder des spécificités des entreprises. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas quelques indicateurs. Les producteurs y sont attachés.
Au final, il est peu probable que l’interprofession nationale s’accorde sur un contrat type. Il est plutôt envisagé un guide de bonnes pratiques contractuelles qui permettrait ensuite de décliner au niveau de chaque entreprise un contrat à négocier. Encore assez flou, car le contexte de crise a retardé les discussions. La situation sera sans doute différente pour des adhérents de coopératives, déjà représentés par des professionnels dans les conseils d’administration et les sections spécialisées, et des livreurs du privé qui devront s’organiser pour une négociation.
Pierre Dénès
Photo : Bernard Posté, délégué régional de la Fédération des industriels laitiers