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VIANDE BOVINE / Au Gaec de Kerdeland à Guiclan (29) - Une utilisation optimale des bâtiments
 

On pourrait dire que c'est une organisation calée "au détail près"... Sur leur exploitation d'une centaine de Limousines (avec atelier veaux de boucherie de 360 places), Jean, Alain et André Riou, les trois associés du Gaec de Kerdeland, ont tout calé pour optimiser l'utilisation des bâtiments. "En allaitant, les bâtiments ne sont souvent utilisés que 5 mois de l'année. Ici on essaye de prouver qu'on peut aussi en faire quelque chose durant les sept autres mois, explique André. À condition de mettre la technique qui va avec."

Conduite en trois lots

Concrètement, le troupeau est organisé en trois lots. Le premier vêle en août-septembre, le deuxième en novembre-début décembre et le dernier en janvier-février. De quoi utiliser le parcellaire (morcelé) au mieux, étaler les ventes d'animaux sur l'année et limiter les pointes de travail liées aux vêlages. Si les exploitants autorisent certaines vaches "retardataires" à changer de lot, ils s'imposent un suivi rigoureux de la reproduction. À 80 %, il s'agit d'insémination et l'exploitation ne compte plus qu'un taureau pour les rattrapages. "Deux taureaux vasectomisés se chargent de la détection des chaleurs, indique Jean. L'hiver, nous travaillons avec la caméra." Des échographies sont également réalisées 5 fois par an. Les résultats sont au rendez-vous : seules deux génisses vides cette année sur 40, un intervalle vêlage-vêlage moyen du troupeau de 371 jours.

"Roulement" entre bâtiments

Le premier lot de vaches vêle à l'extérieur, à proximité d'un bâtiment en cas de besoin d'intervention, tandis que les deux autres lots vêlent à l'intérieur. Au total, trois stabulations sont utilisées. La première (un ancien bâtiment canard, lire encadré) sert à la reproduction : elle est équipée d'un espace insémination, de la caméra, de la bascule... La deuxième est dédiée aux vêlages et comprend tous les équipements nécessaires. La troisième permet de loger une partie des mères avec leurs veaux, après leur transfert du deuxième bâtiment. "Chez nous, les animaux déménagent souvent ! plaisante Alain. Mais ils en ont l'habitude et les déplacements se passent très bien." Les bâtiments sont peu éloignés les uns des autres et des couloirs de contention ont été installés partout pour faciliter les va-et-vient.

Finition des mâles optimisée

Occupé par les animaux nés en août, le premier bâtiment a la particularité d'être occupé 12 mois de l'année. Les exploitants fixent en effet une ambitieuse mission aux jeunes taurillons : "l'objectif est qu'ils parviennent à leur poids de départ de l'exploitation avant que les mères ne rentrent dans le bâtiment. Ils leur laissent la place, en quelque sorte", détaille André. Les taurillons doivent donc atteindre 435 kg de carcasse à seulement 15,5 mois. "On y arrive progressivement, poursuit l'éleveur. Certains mâles partent même à 14 mois. Deux éléments clés permettent d'y arriver : la génétique et l'alimentation."

Ration affinée

Sur ce dernier point, pas de place pour l'approximation : les taurillons reçoivent 70 % de céréales autoproduites (blé, orge, maïs), de la paille à volonté, de la pierre de sel, auxquels s'ajoute un mélange (soja, pulpe de betteraves, luzerne, lin) que les éleveurs affinent eux-mêmes en fonction des croissances (chaque composant arrive séparément sur l'exploitation). "Les taurillons sont pesés tous les mois après le sevrage, indique Alain. Au vue des GMQ, on modifie la ration. On continue de rechercher la meilleure formule en permanence." Économiquement, si le choix du mash peut être à l'origine d'un surcoût, ce dernier est limité sur l'exploitation compte tenu de la part d'alimentation autoproduite. Petit à petit, les objectifs, techniques et économiques, sont donc en train d'être atteints, grâce à une rigueur à tous les niveaux.

Anne-Laure Lussou

Photo : L’ancien bâtiment canards aujourd’hui transformé en stabulation vaches allaitantes. Sur sa longueur, un couloir de contention débouchant sur une cage de pesée (ci-contre) avec barrière anti-recul (autoconstruction).

Un troupeau modelé par l'IA

Les éleveurs ont opté pour l'insémination voilà dix ans. "On estime qu'il y a de bons taureaux disponibles à l'IA, commente André. Sur l'élevage, nous optons en grande majorité pour des taureaux agréés qualités maternelles (QM) et nous testons certains taureaux en attente de qualification QM." Dix ans de pratique de l'IA permettent d'obtenir des résultats : "les veaux sont peut-être moins gros au départ (poids moyen actuel à la naissance : 40 kg) mais nous les rattrapons ensuite. Et puis, du côté des mères, les fondamentaux, notamment les bassins, ont été améliorés". Outre sur les qualités maternelles, les éleveurs mettent l'accent, lors du choix des taureaux, sur le critère docilité, afin de pouvoir manipuler le troupeau sereinement.



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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 11 Décembre 2008
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