
De la conduite en sept bandes avec un sevrage à 28 jours, Mathieu Rafray est passé, depuis deux ans, au groupage des truies en 4 bandes et sevrage à 21 jours. "La sensation de routine est moindre. La grande majorité des travaux se font désormais à deux. Pour la motivation, c'est préférable", déclare Mathieu. Avec son salarié, il gère un élevage de 200 truies, partiellement engraisseur, sur 24 hectares de SAU. L'intervalle entre bandes est de cinq semaines. La période est rythmée par une semaine de sevrage, une semaine de saillies (et entrée en maternité) puis une semaine de mise bas. "La journée du sevrage est très contraignante, la moitié du troupeau de truies est déplacé. Le lavage des deux salles de maternités (52 places) est réalisé par une entreprise spécialisée. Huit heures sont nécessaires". Les inséminations sont effectuées en binôme, tout comme le suivi des mises bas. "Chacun suit une salle". La quatrième semaine est consacrée aux castrations, aux vaccinations et aux divers lavages dans l'élevage. La cinquième semaine est théoriquement moins chargée. "Le salarié peut prendre 15 à 18 jours de vacances les quatrième et cinquième semaines sans que ça ne pose trop de problèmes. Au delà, je dois prendre un remplaçant". Contrairement à la conduite en cinq bandes (4 semaines d'intervalle entre bandes), le vide sanitaire en maternité peut être respecté. Les truies ont également un temps d'adaptation d'une semaine à la maternité. Quatre bandes sont présentes en verraterie gestante.
Maîtrise de la reproduction
Le respect des règles de biosécurité était également l'une des motivations du changement d'organisation. Une seule bande est présente en maternité au même moment. Les mélanges entre bandes (truies ou porcelets) sont ainsi évités. "Il faut avoir de la rigueur pour respecter cette conduite en quatre bandes". En effet, la reproduction doit être bien maîtrisée. Les retours surviennent en décalé par rapport à la bande suivante (deux semaines avant). "J'insémine une soixantaine de truies et je réforme après échographie si nécessaire". Depuis deux ans, la plus petite bande, entrée en maternité, comptait 48 truies. "Ce système impose une grande rigueur dans la conduite de la reproduction. La fécondité s'est d'ailleurs améliorée, en raison d'une plus grande technicité". Pas question d'avoir des mises bas décalées, sous peine de perdre les avantages de cette conduite.
En nurserie, chaque case de porcelets correspond à un rang de portée des mères, à l'exception des plus petits. Ensuite, ces lots sont divisés en deux cases de post sevrage puis de nouveau en deux en cases d'engraissement. "Les derniers charcutiers partent à 200 jours à l'abattoir. Les lots sont plus importants, le gain de temps est appréciable".
Chaîne de bâtiments cohérente
Globalement, la conduite en bande induit l'activité mais les modalités d'organisation sont propres à ceux qui y travaillent, selon Laëtitia Le Moan, de la Chambre d'agriculture. Le temps de travail est très variable entre élevages même si les conduites (nombre et taille de bandes) sont similaires. Le choix est à faire en fonction de ses propres contraintes de travail, des particularités techniques de l'élevage (performances de reproduction, croissance sevrage-vente) et surtout des bâtiments existants pour viser une cohérence dans tous les maillons de l'élevage.
Bernard Laurent
Photo : Mathieu Rafray, éleveur à Crédin a témoigné sur la conduite en quatre bandes, lors d'une journée organisée par la Chambre d'agriculture régionale mardi dernier à Pontivy.
Plus de la moitié des porcelets sevrés à 21 jours
Il y a 10 ans, 5% des élevages sevraient à 21 jours (18% en 2002). Aujourd'hui, 36% des élevages appliquent cette méthode. Cela représente 49% des truies et 51% des porcelets. En 2000, 86% des élevages conduisaient leurs truies en 7 bandes contre 68% aujourd'hui. Cette régression s'est faite au profit de toutes les autres formes de conduites (4, 5, 10 et 20 bandes). Les performances ne dépendent pas du choix d'une conduite en bandes. Elles dépendent surtout de la cohérence de la chaîne de bâtiments et de la conduite générale de l'élevage.