
La crise financière n'affecte pas directement l'agriculture". Olivier Houssay, directeur de l'agriculture
du Crédit agricole s'est montré rassurant à la session Chambre d'agriculture. Les emprunts sont négociés à taux fixes, sur des longues durées. "Les investissements sont même à la hausse sur 2008.
Ils sont en augmentation de 30% sur le département contre 20% à l'échelle nationale", ajoute-t-il. Ces investissements concernent essentiellement du matériel et de l'équipement. "Globalement, la demande alimentaire est peu sensible aux aléas de la conjoncture économique internationale. Les difficultés actuelles en lait, en viande ou en ostréiculture, ne sont pas liées à cette crise financière". Difficile pourtant, en cette période, d'augmenter les fonds propres, meilleur outil de sécurisation des exploitations. Si la consommation alimentaire ne baisse pas d'une manière générale, la baisse du pouvoir d'achat pourrait avoir un effet négatif sur la consommation de produits labellisés ou bio, avec un report sur les marques de distributeurs.
L'économie départementale est saine
L'industrie agroalimentaire n'est pas plus touchée par la crise financière. "Les banques n'ont pas réduit les crédits accordés aux PME. Les prêts aux pêcheurs sont en hausse. Les lignes de crédit aux entreprises agroalimentaires également". Globalement, l'économie Morbihannaise est saine. "Le flux migratoire est positif, le tissu des PME est dynamique. Le département surmontera la crise", prédit Olivier Houssay. "Il n'y a pas de dégradation des trésoreries professionnelles. Il y a néanmoins des effets retard sur le tourisme en raison des deux derniers étés pluvieux. Dans le bâtiment et dans l'activité nautisme, nous enregistrons une contraction des demandes de crédit". Localement, l'accompagnement des entreprises se poursuit sans modification. Au niveau des particuliers, Olivier Houssay affirme qu'il n'y a pas eu de durcissement des critères de prêts. Le ralentissement de l'activité dans le secteur immobilier avait débuté en 2006. La crise internationale a accentué le problème.
Cet accompagnement, malgré la crise, est possible grâce à la mise en place des plans de relance à l'échelle européenne dont l'objectif est de redonner confiance en sécurisant les transferts entre banques, et surtout, à l'injection, par l'État français, de 10,5 milliards d'euros dans le capital des grandes banques françaises, pour renforcer leurs fonds propres. Ce montant, emprunté par l'État français sur le marché international est prêté aux banques à 8% sur 5 ans. Il est destiné à rouvrir le robinet des crédits aux ménages, aux PME et aux collectivités locales.
Bernard Laurent
Photo : Malgré la crise financière, les investissements sont en augmentation dans le secteur agricole morbihannais.