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Finistère (29)
Fourrages / Pérennité des pâtures - L’entretien mécanique peut y contribuer
 
Un passage de régénérateur de prairie n’effacera jamais toutes les erreurs de conduite cumulées au cours d'une saison de pâturage. Au même titre qu'une fauche de refus, qu’un sursemis, etc., les aérateurs de prairies peuvent néanmoins participer à améliorer la longévité et la productivité des prairies.
Mi-novembre, à Dinéault, les Cuma du Finistère et la Chambre d'agriculture ont organisé une démonstration d’aérateurs de prairies. Une technique culturale répandue en Normandie mais peu employée par les « cultivateurs d’herbe » bretons.
Parmi la large gamme de matériels, on distingue deux catégories bien distinctes : les outils à actions de surface et les outils à actions en profondeur.

Outils à actions de surface

« Les outils de surface sont peu gourmands en puissance. Ils servent à étaupiner, émousser, ébouser et niveler », explique Pierre Demeuré, conseiller machinisme à la Chambre d'agriculture. « Il s’agit d’herses plates, d’herses étrilles, etc. ».
Ces outils se montrent relativement efficaces pour l’arrachage des mousses et des mauvaises herbes. « Ils assurent un nettoyage de la masse compacte morte en surface et permettent une répartition des déjections ce qui se traduit par moins de refus, une décomposition facilitée des végétaux morts qui ont tendance à étouffer la végétation ». Le passage de ce type d’outil stimule de nouvelles racines.
Reste que l’utilisation de ce matériel sur prairies est susceptible d’engendrer des blessures responsables d’un ralentissement de la croissance des plantes fourragères. Les blessures peuvent également favoriser les maladies. Enfin, le grattage superficiel du sol peut entraîner la levée de graines dans les espaces dénudés et affaiblir la culture dans les conditions en période sèche. « On observe aussi d’éventuelles remontées de cailloux ».

Outils à actions en profondeur

Les outils à actions en profondeur sont plus agressifs et plus gourmands en puissance. « On trouve des outils à dents, socs, avec ou sans lames et raclettes ».
Les outils à socs assurent une véritable scarification avec arrachage des matières mortes et découpage du matelas herbeux. « On assiste à un griffage sur les 2 à 5 premiers centimètres », fait observer P. Demeuré. Comme les précédents, ils contribuent à répartir les déjections, d’où moins de refus et une meilleure décomposition de la matière organique. L’adjonction de lames ou raclettes assure l’ébousage et l’étaupinage.
Certains de ces matériels sont conçus pour aérer le sol sur une profondeur de 15-20 cm. « Ce type d’outils peut convenir à des sols matraqués par des pâturages répétés en conditions humides ».
Encore plus que les outils à actions de surface, ces outils doivent être utilisés dans les conditions climatiques adéquates. « C’est-à-dire qu’il faut éviter les périodes excessivement humides et se méfier des périodes séchantes qui pourraient subvenir après le passage de l’outil. Une période pluvieuse est bienvenue après passage de ce type d’outils relativement agressif ».
Enfin, à signaler que ces matériels peuvent favoriser la multiplication des vivaces par bouturage : chardons, rumex.

Didier Le Du

Photo : Les outils à actions de surface permettent des largeurs de travail élevées, parfois jusqu’à 6,5 m. Ce qui assure des rendements horaires de 3 ha et plus.

 


 

Les meilleurs aérateurs

Les meilleurs aérateurs ne se voient pas. Et pour cause : « Il s’agit des vers de terre », explique Pascal Le Cœur, spécialiste de l’herbe à la Chambre d'agriculture du Finistère. « On compte jusqu’à 400 tonnes de vers par hectare de pâture», cite-t-il pour bien montrer le travail conséquent effectué par cette faune silencieuse… et peu onéreuse en coût de mécanisation et de main-d’œuvre.
Pascal Le Cœur insiste également sur la conduite de la culture d’herbe qui, « bien menée dans des terres à maïs, permet d’obtenir des rendements de 13-14 t de MS ». Un rendement bien loin des 6-8 tonnes souvent citées et que l’on atteint en respectant les différentes étapes culturales : implantation de la prairie, fertilisation adaptée, alternance pâturage-fauche, gestion des refus, désherbage, etc.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 28 Novembre au 4 Décembre 2008
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