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Prix du lait / Une mobilisation forte en Bretagne - Le conflit dure et s’étend
 
Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a appelé avec la FNPL et les JA, à deux journées de mobilisation mardi 25 et mercredi 26 novembre afin de bloquer les laiteries. « À situation exceptionnelle, réaction exceptionnelle », a t-il déclaré. Les troupes ont suivi dans la plupart des départements bretons (voir ci-dessous). Mais la grande distribution a été autant visée que la transformation laitière.
Une pression accrue avant le conseil national de la FNSEA et de la FNPL sur le prix du lait, hier jeudi 27 novembre, alors que les négociations sont toujours au point mort.  Cette grande réunion visait en fait à définir une stratégie face à la transformation laitière dans un contexte très délicat. Alors que le prix du lait est en chute libre, notamment dans le Grand-Ouest, la cohésion professionnelle entre les différentes régions est  loin d’être évidente.

Sortir du bourbier

Un accord national est souhaité par les dirigeants, mais on sait d’ores et déjà qu’il risque d’être à minima, dans la  mesure où la situation  entre entreprises et régions est très différente. Les mécanismes de soutien qui permettaient jusqu’à ces derniers mois d’alléger le poids du « boulet » des produits industriels ont été fortement remis en cause. C’est donc le marché et quasiment lui seul qui fait la loi dans l’immédiat. Idéalement il faudrait, d’une  manière ou d’une autre, aboutir à une sorte de péréquation, mais il est sans doute plus facile de partager la richesse que la misère. Or c’est cette dernière que l’on veut mutualiser.
Un bourbier dont il faudra sortir, car il paraît inimaginable qu’aucune règle n’existe. Aucun acteur de la filière n’a réellement intérêt à ce que ce climat détestable perdure. La coopération au travers de la FNCL a d’ailleurs appelé à la reprise des négociations (voir ci-contre). Chez les industriels, cela paraît plus confus ; certains acteurs traînant des pieds pour revenir autour de la table. Il le faudra pourtant car au-delà des prix pour la fin de l’année et le premier trimestre 2009, l’avenir se dessinera sans doute avec la contractualisation. Des con-trats qui devront à la fois intégrer des notions de prix, de gestion des volumes, de durée …, soit dans un cadre individuel, soit dans un cadre collectif. La aussi seule la négociation permettra d’éviter la pagaille.

Dans la durée

Cette tension au sein de la filière laitière a eu tendance à faire tache d’huile. En Côtes d’Armor, les laitiers ont été rejoints par les autres producteurs de légumes, de porcs … Là aussi la grogne s’installe. C’est le cas notamment en chou-fleur confronté à une crise profonde, et en porc où le redressement des cours se fait attendre. FDSEA et Jeunes Agriculteurs ont d’ailleurs décidé de maintenir leur blocage des deux  plateformes de la grande distribution jusqu’à l’obtention d’une table ronde réunissant les producteurs, les transformateurs, la distribution et les pouvoirs publics en arbitre.
Les actions étaient donc prévues dans la durée, au moins jusqu’à la fin de cette semaine, en l’absence de réponse concrète. Pas sûr d’ailleurs que les pouvoirs publics aient vraiment l’intention de mettre le doigt dans ce dossier. Les responsables leur reprochent d’avoir cassé la dynamique interprofessionnelle laitière (décision de la DGCCRF) et en outre de permettre à la grande distribution d’exercer encore plus de pression sur leurs fournisseurs en utilisant la LME (Loi de modernisation de l’économie) que  les producteurs préfèrent appeler « Loi Michel Edouard ». Ceci en vertu du « sacro saint »  pouvoir d’achat.

Pierre Dénès

Photo : La mobilisation des producteurs s’est intensifiée devant les entreprises laitières et face à la grande distribution. 


Difficile intersyndicale


Coordination rurale et Confédération Paysanne plaident pour une intersyndicale depuis plusieurs jours. Lundi soir à Loudéac, une réunion initiée par la CR Bretagne a rassemblé une centaine de producteurs, parmi lesquels quelques membres des autres syndicats, et plusieurs non-syndiqués. La Coordination voudrait lancer « une grève du  lait ». Un vote lors de cette réunion lui a donné raison à 80 % . Mais en pratique elle paraît bien difficile à mettre en œuvre car elle ne peut avoir de poids que si elle est suivie massivement et sur la durée. Le principe ne séduit ni la FDSEA ni les Jeunes Agriculteurs alors qu’ils savent que l’inquiétude (justifiée ou non) des livreurs de l’entreprise la plus fragile est de voir un jour ou l’autre la collecte s’arrêter. « Pas question d’engager les producteurs dans une impasse ».

 



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Date de l'article : semaine du N° du 28 Novembre au 4 Décembre 2008
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