
Au 18 novembre, on recensait en Bretagne un troisième cas de sérotype 1 dans le Finistère (Telgruc-sur-Mer). Conséquence immédiate : l'extension de la zone réglementée 1 – 8, les cantons de Belle-Isle-en-Terre, Plouaret et Plestin-les-Grèves s'y ajoutant. Avec elle, la limitation des mouvements possibles : "les animaux destinés à l'abattage sont à rassembler en zone réglementée 1-8, rappelle l'UBGDS. Pour les animaux de moins de trois mois destinés à l'élevage, un test au résultat négatif est nécessaire au plus tôt 7 jours avant la sortie de la zone réglementée. Que ce soit pour l'engraissement ou l'élevage, les animaux de moins de 3 mois doivent être élevés en bâtiments désinsectisés. Les animaux de plus de 3 mois destinés à l'élevage ou l'engraissement doivent avoir été vaccinés contre le sérotype 1 depuis au moins 60 jours ou avoir fait l'objet d'un dépistage virologique au résultat négatif au moins 14 jours après le début de la protection immunitaire. Enfin, des doses de vaccination de sérotype 1 sont disponibles pour les animaux destinés à la vente export et France."
Italie : furtive ouverture
La donne vient justement de changer concernant les exports vers l'Italie, la France venant de signer un accord avec le pays. À partir de mi-décembre, considérée comme le début de la période d'inactivité vectorielle, l'accord autorise l'introduction de bovins vaccinés contre les sérotypes 1 et 8 sans attendre le délai des 60 jours habituellement requis. Autre nouveauté : pendant une période de deux à trois semaines, l'export de bovins non vaccinés ou vaccinés pour un seul sérotype sera possible.
À la Coopel-bovi, où environ 15 à 20 % des broutards sont exportés habituellement, on accueille la mesure avec réserve. "La période est moyennement propice. De plus, un accord avec l'Espagne, où partent nos broutards de moyenne gamme, aurait été plus intéressant, commente Daniel Lemaître, responsable logistique et commercial. Globalement on y verra plus clair, en terme de commerce des broutards, quand la vaccination sera devenue obligatoire."
Mais côté vaccination aussi, les dents commencent à grincer dans les campagnes. Ainsi, dans le Finistère, un collectif d'éleveurs ovins opposés à la vaccination et à la désinsectisation systématique vient de se monter. Du côté du Ministère en tout cas, on continue d'indiquer que l'objectif est de vacciner l'ensemble des animaux français, pour les sérotypes 1 et 8, avant le 30 avril.
Anne-Laure Lussou
Photo : Suite à l'apparition d'un troisième foyer de sérotype 1 dans le Finistère, trois cantons se sont ajoutés à la zone réglementée 1-8 (en rose).
Une aide au maintien pour compenser
L'aide au maintien est prévue pour compenser les surcoûts liés au maintien des animaux dans les exploitations faute de commercialisation possible. Sont concernés : veaux de huit jours (race laitière), broutards supplémentaires, mâles ou femelles de race à viande, né(e)s dans la zone réglementée, génisses de sélection. Son montant est de 30 euros par broutard (animal de 5 à 16 mois) et par génisse de sélection (plus de 16 mois) et de 15 euros par veau laitier, par mois de présence de l’animal. L'aide est prévue pour une période maximale de trois mois, à partir du 28 octobre, ou de 4 mois sur décision de la DDA. Le tout, sans dépasser le plafond de 7500 euros sur 3 ans (règle des minimis).