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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°8955 |
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Lait / Fixation du prix - Le vent soufflera-t-il de l’Ouest ?
 
Faute d’accord national sur le prix du lait – et de « véritables propositions syndicales », comme le regrettent certains industriels –  le Finistère prend les choses en main. C’est du moins l’ambition de Jacques Jaouen, président de la Chambre d’agriculture, qui de ses aveux ne peut plus se satisfaire « d’absence d’accord. Car, quand il n’y a plus de prix, c’est pire que tout ». De là à savoir si le président de la Chambre régionale réussira à vendre une recette bien beurrée Finistère comme il a réussi à imposer le transfert de quotas sans terre…

Obligation de travailler ensemble

Pour l’heure, c’est bien dans cet objectif « de proposer quelque chose » que le président de la Chambre d'agriculture a invité les responsables des différentes laiteries du département, mardi dernier à Quimper. Non pas pour leur demander des comptes, mais pour coopérer. « Nous sommes dans l’obligation de travailler ensemble. Si nous ne le faisons pas, nous serons tous perdants ». Une façon aussi de dire aux producteurs qu’il ne faut pas se tromper de cible.
L’exercice n’est pas simple. D’autant qu’il est difficile d’occulter les réalités de marché que les industriels ne cessent d’invoquer. « Les prix du lait vivent pleinement la réforme de la Pac de 2003 qui a tardé à se faire sentir compte tenu d’un marché porteur ces dernières années», plaide Patrick Wecxsteen, directeur adjoint Entremont-Alliance. Des propos relayés par Guy Le Bars, président d’Even, estimant que « l’on a trop ouvert les robinets. Il y a donc un problème de gestion des volumes ».
Cette réflexion conduit Jo Lareur, directeur production Entremont-Alliance, à faire remarquer que l’on « ne peut pas séparer la notion volume-prix ». Propos sur lesquels rebondissent Yvon Pouliquen, UDSEA, et Jean-Michel Favennec, Coordination rurale, qui estiment qu’aucun scénario ne peut donner des résultats s’il n’y a pas de maîtrise des volumes. Avec cette nuance, que ni la Bretagne, ni la France, ne dictera la politique laitière européenne.
Bref, l’ouverture voulue par la Chambre a eu le mérite de poser sereinement le débat du prix du lait sur la table. Rien de concret n’est réellement sorti de cet échange courtois. Les producteurs entendent bien poursuivre la réflexion. Quant aux industriels, ils ne seraient pas hostiles à la création d’une structure régionale où les producteurs mutualiseraient le prix du lait pour écraser les différences de prix entre laiteries. Avec cette question : est-ce à l’ensemble des producteurs bretons de supporter la moindre valorisation des produits laitiers de certaines entreprises ?
Quant à la voie de sortie par la baisse des coûts de production, seul André Sergent, vice-président de la Chambre, ose s’y aventurer. « Aujourd’hui, les éleveurs bretons ne sont plus les plus compétitifs ».

Didier Le Du

Photo : Les producteurs ont profité de l’invitation des représentants des laiteries pour les interpeller.


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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 27 Novembre 2008
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