Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°8954 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 01 juin 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Prix du lait / De 285 euros à 311 euros/1000 litres - Les producteurs dénoncent le grand écart
 

Le mois d’octobre marque réellement une rupture dans la relative harmonie du prix du lait payé entre producteurs. Les bordereaux affichent en effet des différences significatives entre les entreprises, de 285 euros/1000 litres à 311 euros/1000 litres. Soit pour une livraison de 20 000 litres de lait mensuelle une différence entre producteurs de la région pouvant aller jusqu’à 520 euros et au minimum 600 euros de baisse par rapport au même mois de 2007.
Ce nouveau contexte fait évidemment grincer les dents des producteurs et des syndicats qui ont tout tenté pour préserver cette unicité de prix. Malgré la  multiplication des actions syndicales tous azimuts (blocage de l’entrée des laiteries, immobilisation des camions en campagne, opération vidange de rayons et déréférencement dans plusieurs enseignes de la grande distribution), c’est donc un peu la débandade.

Dialogue difficile

Si plusieurs entreprises laitières ont été visées par les actions, c’est toujours le groupe Entremont Alliance qui stigmatise la colère. A Guingamp, devant le siège d’Eolys, la discussion entre les administrateurs, la direction et les éleveurs (majoritairement des livreurs de l’entreprise) a été vive tout en restant courtoise. L’action était conduite par FDSEA/Jeunes Agriculteurs 22 à laquelle se sont joint des éleveurs de la Confédération Paysanne et de la Coordination Rurale.
Les producteurs n’acceptent pas d’être payés moins chers que leurs collègues livreurs des autres laiteries. « Le lait va dans le même camion, alors pourquoi cette différence ? ». Ils cherchent à comprendre comment le groupe a pu se plonger dans une telle situation et, pour certains, doutent de l’avenir. Les explications de Yannick Perquis, président d’Eolys, de Patrice Leloup, récemment promu directeur général d’Unicopa ont peiné  à convaincre des éleveurs qui évoquent des erreurs de gestion.
Les dirigeants réfutent ces allégations et rappellent que ces difficultés bien réelles trouvent leur origine dans l’impossibilité d’avoir pu répercuter des hausses suffisantes sur le marché de l’emmental ainsi que dans le retournement rapide du marché des produits industriels, euphorique il y a quelques mois, catastrophique aujourd’hui. Ceux ci représentent 38 % du mix-produits du groupe. Ils estiment aussi que des mesures ont été prises pour redresser la situation, dont l’abandon de plus de 200 millions de litres de lait en contrat (Est et Allemagne) début 2009. Pour autant, ils ne s’engagent pas sur le prix pour  les prochains mois. Et c’est sans doute ce qui inquiète le plus, car aux yeux des responsables, « si ce décrochage du prix peut être supportable pour un mois ou deux, dans la durée il est inacceptable. Les troupes seront intenables au printemps ».

Une  facture des 27 euros aux entreprises

Autre point d’interrogation, les 27 euros du 2e trimestre 2008 dus aux producteurs. « Sur quelle base se fera ce versement annoncé pour le premier trimestre 2009 ? », interroge Hervé Moël , le président de la section laitière. « Pas question d’accepter qu’il se fasse sur les livraisons du 1er trimestre au moment où les livraisons seront en forte baisse ». La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs 22 invitent les éleveurs à adresser une facture du montant dû à leurs entreprises en prenant pour base les livraisons du 2e trimestre 2008.
Resteront aussi à négocier en fin de campagne, les 2 % de quota supplémentaire alloués à chaque producteur. L’éventualité que certaines entreprises ne payent ce supplément qu’au prix de revalorisation des produits industriels (actuellement moins de 200 euros la tonne), fait bondir les éleveurs qui y  voient les prémices de l’instauration d’un double prix. De toute évidence, les débats ne sont pas clos.

Pierre Dénès
Photo : Les actions devant les entreprises (ici à Guingamp) ou dans les grandes surfaces visent à faire pression pour de nouvelles négociations au niveau national.


Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 21 au 27 Novembre 2008
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)