
Des producteurs des FDSEA et des JA ont manifesté partout en France vendredi 7 novembre. L'action se plaçait en amont de la conférence nationale sur le revenu des agriculteurs organisée par le ministère de l'Agriculture, qui a eu lieu le 12 novembre. En Ille-et-Vilaine, plus de 250 manifestants ont bloqué pendant quatre heures le centre Leclerc de Saint Grégoire, près de Rennes. Ils se sont ensuite rendus à la préfecture d'Ille-et-Vilaine. "On ne préservera pas le pouvoir d'achat des Français sur le dos des paysans", ont martelé les syndicalistes, qui revendiquent un "revenu décent et stable".
Ils évoquent leurs difficultés liées à l'augmentation des charges. L'agriculture bretonne, et surtout l'élevage hors sol, est particulièrement touchée par la hausse du prix des aliments. Les charges d'énergie et d'engrais grimpent aussi. "Le coût de production a augmenté de 25 à 50%, sans revalorisation des prix de vente producteurs. Chaque maillon devrait pouvoir répercuter la hausse", expliquent les producteurs. Ils dénoncent la pression de la grande distribution alors que s'alimenter coûte toujours plus cher aux consommateurs. "Les dirigeants de la grande distribution doivent adopter un comportement responsable, en répartissant les marges", insiste Nathalie Marchand, secrétaire générale de la FDSEA 35.
Pas de baisse pour les consommateurs
Les représentants de la FDSEA comparent les 1,35 euro/kg payés producteurs aux 6,45 euros/kg du jambon sous vide (prix relevés au Leclerc Saint Grégoire), au rôti à 4,70 euros/kg. Les poulets Label passent de 1,89 euro/kg sortie exploitation à 5,40 euros/kg au minimum dans les étals. La viande bovine passe de 2,75 à 14,50 euros/kg (faux filet), et l'agneau de 5 à 13,90 euros/kg en gigot.Les agriculteurs soutiennent les transformateurs. "Ils ne doivent plus accepter les diminutions de prix. Ils ne doivent plus subir le "diktat" de la grande distribution". Et d'ajouter concernant la loi de modernisation économique : "Elle ne protège pas les fournisseurs, mais les fragilise. Où en est-on de l'observatoire des marges ?"
Tenir compte des charges
"Nous sommes inquiets pour l'avenir des jeunes. Toutes les filières hors sol sont en crise, ainsi que les ovins, les serristes… En lait, le prix du mois d'octobre n'est pas encore fixé… Nous demandons que le coût de production détermine le prix de vente de nos produits", précise Jean-Paul Texier, président de JA Bretagne.
Sur le plan national, les agriculteurs ont demandé de considérer les productions au cas par cas dans les mesures proposées par le gouvernement. Et "face à une grande volatilité des prix agricoles, la présidence française doit préserver les mécanismes de régulation des marchés et de gestion de l'offre au niveau européen".
Agnès Cussonneau
Photo : "La grande distribution doit mieux répartir les marges", ont martelé les manifestants.