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Œufs / Une production de qualité sur parcours extérieur - Deux sœurs motivées par les poules pondeuses Label
 

J'ai toujours voulu m'installer comme avicultrice, à proximité de l'exploitation des parents. Après plusieurs visites d'élevage, j'ai choisi la production d'œufs de plein air, car un élevage de poules en cages me semblait trop risqué financièrement", confie Marie-Laure Ménec, de Plouguernével, qui a construit, en 1999, un poulailler de 717 m2 pour 6 000 poules Label rouge (au sol), avec un parcours de 3 hectares.
Quelques années plus tard, en 2003, un second poulailler identique sort de terre. C'est celui de Florence, sœur de Marie-Laure. "Ce n'est pas facile de trouver du travail en Centre-Bretagne. Je souhaitais une activité laissant un peu de disponibilité pour les enfants. J'ai aidé occasionnellement Marie-Laure et la production m'a plu", explique Florence. Pour répondre aux contrain-tes de permis de construire, le second poulailler a été construit à proximité du premier, bien qu'il s'agisse de deux élevages différents. Ils sont conduits en bande unique.

Productivité et travail

Un lot de poules dure environ 50 semaines (de la 18ème à  la 68ème semaine d'âge). "Comme tout élevage, la rentabilité s'appuie sur la productivité (environ 285 œufs par poule), sur la maîtrise de la consommation d'aliment et du taux de mortalité (autour de 5 %)", souligne Yannick Thoraval, de Sanders-Bretagne.
L'élevage label a un cahier des charges bien précis : perchoir, ponte au nid et sortie sur un parcours extérieur, à partir de 11 heures du matin, dès la 24ème semaine d'âge. Les œufs sont labellisés "Label rouge", huit jours après. L'objectif est d'avoir un minimum de ponte au sol (moins de 1 % chez Marie-Laure et Florence). "On y arrive en favorisant au maximum le perchage des poules, le soir", expliquent-elles. C'est l'un des points clés de ce type d'élevage, il a des conséquences sur le temps de travail, la qualité et la propreté des oeufs.

Réduire l'aliment

Les revenus des deux élevages sont liés au nombre d'œufs produits et à leurs coûts de production. "Ces coûts de production étaient trop élevés car les poules consommaient trop d'aliment", explique Florence. "Nous avons essayé plusieurs solutions, en réduisant le nombre de passages de chaîne d'alimentation (mais le taux de ponte a chuté) ou en diminuant la hauteur d'aliment à chaque passage, sans résultat".  
En lien avec Yannick Thoraval, elles ont mis en place un boîtier qui comptabilise le nombre de basculement de trémies et donc le poids d'aliment distribué. À partir de 770 kg d'aliment/jour, soit 125 g/jour/poule, voire 750 kg au-delà de 50 semaines, le boîtier arrête automatiquement la distribution d'aliment. "Les poules ont leur ration, mais n'ont pas plus qu'il ne faut". Les résultats n'ont pas tardé. "Actuellement, à 38 semaines, elles consomment en moyenne 128g/jour, ce qui est très bien", souligne Marie-Laure. Les deux avicultrices seront récompensées au challenge "Hommes de valeur" de Sanders. Leurs revenus devraient progresser de 2 500 à 3 000 euros par an.  

Doubler l'élevage

Jusqu'à présent, un élevage label ne pouvait pas dépasser 6 000 poules, soit  l'équivalent d'un mi-temps. Une nouvelle réglementation autorise maintenant deux poulaillers de 6 000 poules par élevage. "Tant que le bâtiment n'est pas amorti (12 ans), il faut de bons résultats techniques, pour dégager du revenu", soulignent Florence et Marie-Laure. Bien que le coût actuel de l'investissement soit élevé (32 euros/poule contre 25 en cage), Florence espère doubler rapidement son élevage. "Malgré ses contraintes, cet élevage est plus intéressant qu'un travail salarié".

Patrick Bégos

 

Photo : Marie-Laure Ménec et Florence Caillarec examinent leurs poules avec Yannick Thoraval. 

 



Temps de travail


La production d'œufs Label demande du temps. Les œufs, convoyés par bande dans le magasin, sont mis en alvéoles, tous les jours, y compris le dimanche (environ 3 heures de ramassage pour 6 000 poules). La petite taille d'élevage ne permet pas la mécanisation du ramassage, (contrairement aux cages). Il faut autant de main d'œuvre (1 temps plein) pour 12 000 poules plein air que pour 80 000 poules en cages. "Le soir, il faut être présent pour fermer les trappes", ajoute Marie-Laure. "Et durant le vide sanitaire, il faut démonter, laver et désinfecter les caillebotis".

 

 



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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 20 Novembre 2008
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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