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BOVIN VIANDE / Retour sur les temps forts au vêlage - Les soins aux veaux
 

Le taux de mortalité avant huit mois est proche de 10 % en moyenne dans les élevages allaitants", chiffre Thierry Offredo, de la Chambre d'agriculture des Côtes d'Armor. Réduire ce taux de perte passe, en premier lieu, par une bonne alimentation des mères en fin de gestation : ni trop grasse, ni trop maigre, c'est l'idéal. Puis, lorsque le jour J approche, l'un des points clés de la bonne réussite du vêlage est le temps accordé à la surveillance des futures mères (une perte sur deux a lieu dans les deux premiers jours de vie du nouveau-né). C'est notamment dans ces moments-là qu'on apprécie d'être bien équipé (box de vêlage, etc.) pour pouvoir intervenir en toute sécurité. Par ailleurs, l'ambiance du bâtiment (ventilation maîtrisée, paillage suffisant, respect de la densité d'animaux, etc.) est également important à maîtriser afin d'éviter tout développement de germes pathogènes, particulièrement nuisibles aux jeunes veaux.

Patience au moment du vêlage

Quand intervient le moment du vêlage, l'un des mots-clés est "patience" : ne pas se presser, laisser faire sans déranger l'animal. Pour avoir une idée de l'état d'avancement des choses, la méthode des températures peut être intéressante : pour être efficace, il faut que la température soit prise tous les jours à peu près à la même heure. Si le thermomètre indique une température supérieure à 39° ou un résultat qui n’est pas inférieur de plus de 0,5° C des 5 jours précédents, il y a 98 % de chance que la vache ne vêle pas dans les 24 heures. Si la température baisse de 0,5° C ou dès que la température est inférieure à 38,4°, il y a 75 % de chance que la vache vêle dans les 12 heures.
Il faut aussi savoir s'il faut intervenir ou pas. Intervenir sans réel besoin, c'est créer un stress inutile. En cas de doute, une exploration vaginale s’impose afin de vérifier la position et la taille du veau ainsi que l’ouverture du col. Quelques repères clés pour savoir quand agir peuvent être utiles : deux heures après les coliques si aucune poche n'apparaît, deux heures après la rupture de la seconde poche des eaux si l'on ne voit pas le veau, ou encore au bout d'une demi-heure d'efforts expulsifs si le veau ne progresse plus. Dans tous les cas, lorsque l'on intervient, il faut le faire en veillant à la propreté de l'intervenant ainsi que du matériel utilisé. Il en va de la survie du veau mais aussi du retour en fertilité de la vache.

Vigilance ensuite

Une fois le vêlage réalisé, il est primordial de réhydrater le veau dès les premiers moments de vie. "À la naissance, le veau naît sans anticorps. Toutes ses défenses lui sont transmises par le colostrum (ainsi, vacciner les mères contre les diarrhées n'aura pas d'effet si le veau ne tête pas rapidement), et cela se joue dès les premières heures de vie. Le taux de transfert d'anticorps de la mère au veau diminue en effet rapidement : presque total au moment du vêlage, il est de 66 % au bout de 6 heures, et quasi nul au bout de 24 h. L'idéal est donc un nombre de deux tétées dans les six premières heures, dont une dans les deux premières heures, indique Thierry Offredo. Même si la pratique peut être fastidieuse, elle vaut vraiment le coup." Pour s'assurer que l'on apporte un colostrum de qualité, il est intéressant d'en conserver en permanence au congélateur.

Anne-Laure Lussou

Photo : L'hydratation des veaux dès les premières heures de vie est très importante pour la suite. Cela peut passer par l'utilisation de la sonde. 


“Je sonde toujours les veaux à la naissance”

Installé avec son mari Christian à Canihuel (22), Maryse Jouan conduit un troupeau de 26 Charolaises. Elle prend systématiquement le temps de sonder chaque nouveau-né, sans avoir d'appréhension particulière par rapport à la manipulation. "Je ne vaccine pas mes vaches. J'ai opté pour la sonde à une époque où les veaux déclaraient beaucoup de diarrhées. Aujourd'hui, je le fais systématiquement. Pour une génisse par exemple, je la trais dès le vêlage, et je sonde aussitôt le veau, avant de le mettre à téter. La technique fonctionne toujours bien, et le veau garde toujours l'instinct de téter par la suite." Les résultats sont plus que concluants : "il m'arrive d'avoir des pertes au vêlage, comme tout le monde, mais une fois que le veau est sur pied, j'en perds vraiment très peu. Le fait de sonder permet vraiment de rattraper des veaux faibles à la naissance. Pour moi, la sonde est aussi indispensable qu'une seringue dans une étable."

 



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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 20 Novembre 2008
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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