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Volailles / Calcium, phosphore et vitamines pour un meilleur squelette - Pour éviter les problèmes locomoteurs
 
Des os plus résistants, moins de saisies et un meilleur rendement", c'est le souhait de tout producteur de volailles de chair, confronté à des conditions d'élevage souvent contraignantes : densité élevée, litière accumulée, durée d'élevage réduite. Les problèmes locomoteurs (boiteries, fractures, rachitisme et autres défauts des membres) ont progressé. On peut limiter leur incidence par introduction, dans l'alimentation, de vitamines ou de métabolites qui agissent sur l'absorption du calcium et du phosphore, comme l'ont montré les chercheurs intervenant au séminaire de DSM.

De 1 à 3 % de pertes

"Une étude réalisée au Royaume-Uni a montré que 3,3 %  des volailles étaient saisies, en raison de problèmes locomoteurs et 27,6 % d'entre elles avaient des difficultés à se déplacer", explique Dr Isaac Bittar. "Au Brésil, nous avons chiffré entre 1 et 3 %, le nombre de poulets concernés par des difficultés de locomotion". L'impact économique est important. "Avec 1 % de saisie, la perte représente 4,5 millions de poulets sur un total de 450 millions, ce qui équivaut à 11,5 millions de dollars".
Il faut y rajouter les conséquences sur les performances des autres volailles ayant des difficultés à se déplacer, à accéder à l'eau et l'alimentation. Les causes de mortalité des volailles doivent être identifiées et mesurées afin de déterminer l'incidence réelle des problèmes locomoteurs, dans l'élevage, et d'ajuster ensuite la conduite d'élevage, la nutrition et la prévention sanitaire.  

Génétique et nutrition

D'où viennent ces problèmes ? La génétique a certainement un impact. Le poids du poussin (42 g à 1 jour) est multiplié par 20 à 21 jours et par 77 à 49 jours. Cette évolution rapide nécessite une croissance élevée du squelette, durant les 21 premiers jours. Les problèmes locomoteurs des volailles peuvent aussi être liés à la nutrition. L'alimentation des volailles nécessite de l'énergie, des protéines mais également 8 vitamines, 13 minéraux et 6 acides aminés. Le calcium, le phosphore et la vitamine D3 (métabolites) ont une grande influence.
"Les fonctions du calcium et du phosphore permettent d'abord de couvrir les besoins de la base minérale des tissus osseux, donnant la résistance, la forme et la rigidité, en protégeant les tissus mous, en fournissant les attaches musculaires et en constituant une réserve mobilisable", explique Gérard Huyghebaert, d'Ilvo-Belgique. Le ratio calcium/phosphore doit être compris entre 1,8 et 2,2 pour les poulets.     

Faible croissance

L'os est un tissu vivant. Une déficience en calcium entraîne une faible croissance et une prise d'aliment réduite. Le calcium est absorbé par le tractus digestif, le mécanisme est contrôlé par l'hormone de la glande parathyroïde et la vitamine D3.
La déficience en phosphore réduit également l'appétit et entraîne un mauvais indice. Le calcium et le phosphore doivent être considérés ensemble. La vitamine D3 est essentielle pour maintenir cet équilibre phospho-calcique et doit être apportée en complément. En situation normale, comme en cas de stress, la forme active de la vitamine D3 (HyD de DSM) est plus biodisponible et efficace que la vitamine elle-même.  Les volailles ont besoin de cette vitamine pour la croissance et le développement osseux. L'efficacité de son absorption assure une formation osseuse adéquate, diminuant les saisies dues aux problèmes locomoteurs, les taux de déclassement partiel et total, à l'abattage.

Patrick Bégos

Photo : Les problèmes locomoteurs peuvent entraîner des pertes par mortalité mais également des retards de croissance, chez les poussins. 

Alimentation “in ovo”
Pour Peter Ferket, de l'Université de Caroline du Sud (USA), "il faut que la volaille consomme tout de suite après l'éclosion pour ensemencer l'intestin où se trouvent 70 % des cellules immunitaires". Il considère que les derniers jours d'incubation sont importants et propose une alimentation in ovo, avant l'éclosion. "L'injection dans l'œuf, vers 17-18 jours, permet d'apporter les éléments minéraux et vitaminiques assurant un meilleur démarrage". Des  études réalisées en Israël, sur des lots de poulets Ross ayant reçu une alimentation in ovo, ont montré une augmentation de 8 % du rendement, de meilleurs poids et indices. La technologie est prête, il suffit que le couvoir soit équipé pour injecter la solution dans les œufs.



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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 13 Novembre 2008
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