
Fin août le cours du porc au MPB (prix de base à 56 de TMP) était de 1,45 euro (cotation du lundi 1er septembre). Depuis c’est le repli quasi permanent, puisque sur 19 cotations, seulement 3 ont été positives de 1 à 4 millièmes, une a maintenu le cours précédent, et toutes les autres se sont soldées par des baisses de 1 millième à 4, 9 centimes. De fait mardi dernier le cours au cadran a de nouveau baissé de 1 centime plaçant le prix à 1,202. Le cours à donc cédé en deux mois près de 25 centimes d’euro.
Bien sûr, comme à chaque mouvement de baisse, les observateurs et les opérateurs tentent de trouver des explications : offre suffisante face à une demande molle, consommation ralentie, difficultés à exporter notamment vers l’Est (Russie) avec des monnaies dévaluées, pression du secteur de la salaisonnerie … A cela s’ajoute cette fois, les conséquences de la crise financière mondiale et une prudence dans les transactions.
Production régionale soutenue
Sans doute tous ces éléments interfèrent, tant il est vrai qu’il suffit de peu pour déstabiliser le marché. Aussi ceux qui annonçait des cours forcément élevés pour la fin 2008 ou le début 2009 se montrent évidemment plus prudent. Dans l’immédiat, le profil bas s’impose. Et personne ne se hasarde à des prévisions tant il y a des incertitudes.
Sur le plan régional, l’activité reste élevée, mais elle suffit juste à absorber une production encore forte. « Fin septembre l’activité cumulée d’Uniporc Ouest sur 2008 affichait +1,9 %, et pour le seul mois de septembre + 2,2 % » soulignait la note mensuelle de conjoncture du MPB. La production française a donc bien résisté à la crise, du moins en volume. Ce qui ne veut pas dire que les situations financières ne sont pas tendues dans de nombreux élevages.
Mais cette situation d’une offre soutenue fait que dans l’immédiat, la perspective d’une semaine avec un jour férié (11 novembre) contraint les vendeurs à éviter l’écueil des retards d’enlèvements. Il faudra ensuite gérer la fin d’année toujours moins propice au commerce de la viande de porc avec là encore des semaines à 4 jours d’activité.
En cascade
Plus globalement en Europe les chiffres disponibles semblent confirmer une certaine décrue des offres depuis le début de l’été. Il est cependant difficile d’en mesurer avec précision l’ampleur. Parallèlement la demande intérieure n’est plus au rendez-vous, les exportations pays tiers sont devenues plus difficiles, alors que les restitutions ont été supprimées en août et qu’il n’est plus possible d’avoir recours au stockage privé. Conséquences, l’industrie de la transformation et le secteur de la salaisonnerie se retrouvent en position de force pour peser sur les prix, avec des offres de viandes étrangères. Ils en profitent.
Dans un tel contexte, ce sont tous les marchés européens qui font la course à la baisse. « Et, souligne Jean-Pierre Joly, directeur du MPB, il est bien difficile de dire qui entraîne qui ! Les Allemands se calent le vendredi sur la baisse du jeudi au MPB. Et le MPB sur le cours allemand du vendredi. D’où ces baisses en cascade ». Et nul ne peut dire quand s’arrêtera l’hémorragie.
Pierre Dénès