
Pour l'élevage Gapaillard (Ploufragan, 22), le Régional Charolais qui se tenait il y a une dizaine de jours à Pontivy aura représenté ce qu'on appelle une bonne édition : sur deux animaux inscrits, Michel Gapaillard a en effet remporté un premier prix de section dans la catégorie des veaux de l'année avec "Clin d'œil", avant d'empocher le titre de Grand prix d'honneur mâles avec "Bahut". Belle performance pour un taureau âgé de seulement 30 mois. Lors de sa première sortie en concours, au dernier Space, Bahut s'était néanmoins déjà classé deuxième, sorte de prémices à la consécration de Pontivy. La prochaine échéance, pour cette nouvelle "mascotte" de l'élevage, est désormais le concours Charolais de La Roche-sur-Yon, qui se tiendra les 21 et 22 novembre prochains. Prudence, cependant, pour l'éleveur : "on verra bien ce qu'il fera". Autre satisfaction, pour l'élevage, lors de cette édition du Régional de Pontivy : l'un de ses taureaux, Champion, a été acheté par le centre d'insémination. Une première pour l'exploitation.
Élevage récent
Pour cette dernière, ce sont autant de signes qui viennent récompenser le travail assidu mené autour de l'activité viande, d'autant plus que le troupeau charolais (65 vaches, naissage et engraissement) ne date que de 1995. "J'ai fait l'acquisition du troupeau d'origine auprès d'un éleveur de Plénée-Jugon, retrace Michel. Il y avait déjà de la génétique, ce sont les bases du troupeau actuel." La suite sera la résultante de minutieux choix de taureaux, de monte naturelle comme d'IA : sur l'exploitation, les génisses sont systématiquement inséminées (avec des taureaux spécialement axés "qualités maternelles"), tout comme les vaches les mieux indexées.
Côté monte naturelle, les choix de taureaux sont effectués en collaboration avec Philippe Billy, ancien éleveur et passionné de génétique. À eux deux, ils sont intarissables sur le sujet. Les taureaux sont achetés la plupart du temps dans les Deux-Sèvres (c'est le cas de "Bahut", acheté au sein de l'élevage Baudin à l'âge d'un an), certains étant issus de Bretagne. Deux taureaux sont présents en permanence au sein du troupeau. "Par le passé, j'ai choisi des animaux qui faisaient beaucoup de carcasse, indique l'éleveur. Aujourd'hui mes choix se portent plutôt vers des animaux qui apporteront de la viande ainsi que des qualités de race, ce qui correspond mieux aux attentes des éleveurs acheteurs de reproducteurs." Soit des animaux un peu à l'image de "Bahut", dont les juges de Pontivy ont particulièrement salué le potentiel de développement, les qualités de race mais aussi le bon déplacement.
Mordu de concours
Les concours, pour l'élevage Gapaillard, n'ont pas été la toute première des priorités : "même si j'étais tenté d'y participer avant, je n'ai commencé qu'en 2002, indique l'éleveur, et toujours en collaboration avec Philippe Billy, qui m'a aidé à franchir le cap." Aujourd'hui, l'élevage est systématiquement présent aux Terralies et à Pontivy. Il a également été présent au Space deux fois, notamment avec un animal marquant, Radium, du haut de ses 1 500 kg. "Les concours représentent du travail, commente Michel, tant en terme de soins que d'alimentation." Mais quand les résultats sont au rendez-vous comme à Pontivy, on voit le résultat de ses efforts.
Anne-Laure Lussou
Index Moyens Troupeau femelles
•ISEVR 103,8
•IVMAT 102,5