
Les éleveurs finistériens et, dans une moindre mesure, morbihannais qui avaient vacciné leurs broutards dans la perspective de les vendre à l’automne sont pris au piège du sérotype 1.
La confirmation d’un premier cas de FCO de sérotype 1 dans un élevage de Camaret-sur-Mer place la quasi-totalité du Finistère (sauf les cantons d’Arzano, Quimperlé et Pont-Aven) et deux cantons du Morbihan (Gourin et Le Faouët) dans une situation difficile sur le plan commercial.
Nouveau délai de 60 jours
« Sur une zone réglementée de 70 km autour du foyer de Camaret, les animaux de plus de 3 mois destinés à l’élevage ou à l’engraissement doivent, depuis ce mardi 28 octobre, être vaccinés contre le sérotype 1 pour pouvoir être vendus dans toute zone indemne de sérotype 1 », explique Yvan Lobjoit, directeur de la DDSV 29. En clair, sur toute cette zone bretonne réglementée BTV1 et 8, il ne suffit plus d’avoir vacciné contre le sérotype 8, il faudra aussi l’avoir fait contre le sérotype 1, pour pouvoir commercialiser des animaux vivants (après le délai incompressible de 60 jours).Cette nouvelle donne risque de fragiliser un certain nombre d’élevages naisseurs. Mais aussi les élevages laitiers qui, en prévision d’hypothétiques rallonges de quotas, ont gardé plus de vaches et de génisses. Génisses aujourd’hui invendables en zone indemne de sérotype 1. Ce qui signifie que dans les élevages, il faudra faire de la place pour les amouillantes. Avec en cascade, des réformes plus nombreuses dans les abattoirs entraînant les prix à la baisse dans un contexte de consommation déjà poussif. Sans compter que tout cela intervient dans un environnement du prix du lait très chahuté. Bref, le premier impact sera d’abord économique.
Double vaccination le même jour
Pour autant, les services sanitaires invitent les éleveurs à ne pas se laisser aller au catastrophisme et au laisser-aller. Première certitude des responsables : la vaccination est utile pour protéger les troupeaux. « Comparativement, le taux de morbidité et de mortalité est divisé par deux dans les troupeaux vaccinés », indique Sébastien Géollot, vétérinaire au GDS 29, qui s’appuie sur une comparaison Bretagne-Bourgogne. Autrement dit, il va falloir continuer à vacciner contre le sérotype 8 et s’engager contre le 1. « Une campagne de vaccination pendant la période de stabulation hivernale est à organiser. La double vaccination pouvant se faire le même jour ». Voilà de quoi rassurer plus d’un éleveur sur la mise en œuvre pratique de la vaccination.Reste qu’à ce jour, les vaccins ne sont pas encore dans les pharmacies des vétérinaires bretons. « Un comité national se réunit le 3 novembre pour étudier un plan de vaccination », explique Y. Lobjoit. Et les professionnels bretons qui se sont réunis, hier en comité régional, de plaider « pour qu’une vaccination massive et rapide soit mise en place. Nous demandons également une prise en charge financière », insiste Jean-François Tréguer, président de l’UGDSB. Une voix unanime de la profession et de l’administration s’élève donc pour réaffirmer que la vaccination reste une nécessité pour les affaires commerciales et une arme efficace pour limiter les ravages dans élevages.
Didier Le Du
Un virus voyageur
Le fait que le BTV1 ait atterri à l’extrême pointe ouest du Finistère sans gagner du terrain de manière progressive comme on est habitué avec ce type de maladie, fait craindre de nouvelles apparitions soudaines sur le reste du territoire breton. Conséquence immédiate : Les Côtes d’Armor et le Morbihan vont passer en surveillance BTV1. L’Ille-et-Vilaine l’est déjà.
À noter qu’aux Pays-Bas, le virus de sérotype 6 a été identifié. Ce sérotype est d’ordinaire présent en Amérique centrale et en Afrique. (voir ci-contre)
Légende : Le premier cas de FCO de sérotype 1 dans le Finistère a conduit les responsables sanitaires à définir une stratégie (De gauche à droite : Jean-François Tréguer, présdient UGDS ; Sébastien Géollot, vétérinaire GDS ; Yvan Lobjoit, directeur DDSV 29 ; Marie-Hélène Garrec, directeur GDS 29)