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Côtes d'Armor (22)
Environnement / Bassin versant du Haut Gouëssant - Des élus en visite sur une exploitation porcine
 

Initiée par la FDSEA des Côtes d'Armor, une visite sur le terrain, au cœur du bassin versant du Gouëssant, a été proposée aux élus de "Lamballe Communauté", le 21 octobre dernier. La rencontre a été l'occasion pour les agriculteurs du bassin versant de sensibiliser les élus sur la mise en place des MAE (Mesures agro-environnementales).
"Les mesures territoriales des MAE sont construites par les acteurs locaux. Reposant sur les bassins versants, les programmes d'actions sont à déposer avant fin octobre. Ensuite, les producteurs auront jusqu'au 15 mai 2009 pour envoyer leur dossier, avec des aides à la clé", détaille Yves-Marie Beaudet, responsable environnement à la FDSEA. Des programmes MAE pourraient être intéressants sur les phytos ou l'entretien des haies et bords de champs.

Station de traitement pour 4 exploitations

La visite au Gaec du Grand Carnais (Landéhen) a permis aux élus de découvrir la station de traitement utilisée par quatre exploitations agricoles, rassemblées sur cette activité au sein d'un groupement d'intérêt économique (le GIE de la Clôture). "La station de traitement biologique avec séparation de phase a été mise en service en 2001. L'investissement a été de 534 000 euros (subventions de 147 000 euros) et le coût de fonctionnement atteint 40 000 euros", chiffre Benoît Rouault, un des deux associés du Gaec qui emploie deux salariés à plein temps.
La station traite 11 575 m3 de lisier brut (dont 5 175 m3 provenant du Gaec du Grand Carnais). Les 11 000 m3 de surnageant sont dirigés dans des lagunes, puis épandus sur 55 ha. 2 155 tonnes de coproduits sont repris par la filiale spécialisée de la Cooperl, Fertival. "Rien n'est vendu", précise Benoît Rouault. Et de souligner : "La mise en place de ce traitement a permis la transmission de deux exploitations porcines voisines".
L'outil affiche des taux de résorption de 97% en azote et de 88% en phosphore. "Ce résultat performant en phosphore peut plus difficilement être atteint avec des stations individuelles qui n'ont pas forcément la même capacité financière", note Jean-Paul Hamon, chef du service environnement de la Chambre d'agriculture. Alors que le Sdage impose un retour à l'équilibre en phosphore, les agriculteurs vont donc devoir travailler sur une meilleure efficacité du phosphore : rejets, ruissellement, érosion…

Encourager les pratiques agronomiques

Sur l'azote, "le canton de Lamballe résorbe 80%. Les nitrates sont désormais un problème d'agronomie. Nous devons continuer à travailler sur les pratiques des agriculteurs", poursuit Yves-Marie Beaudet qui souligne l'importance des dynamiques des bassins versants. "Les agriculteurs ont besoin du soutien de leurs élus", ajoute-t-il. Pour les sensibiliser à l'environnement, la FDSEA et les JA des Côtes d'Armor se déplacent actuellement dans les 38 communautés de communes du département.

Agnès Cussonneau

 

Photo : Yves-Marie Beaudet, responsable environnement à la FDSEA (à droite), et Benoît Rouault, un des deux associés du Gaec du Grand Carnais (au centre).

 


400 tonnes de fumier vers la zone légumière

 

L'atelier porcs de l'exploitation du Grand Carnais compte 330 truies, avec la commercialisation de 7 100 porcs charcutiers. Les membres du Gaec gèrent aussi un atelier bovins de 60 vaches allaitantes (30 mâles commercialisés et 30 femelles vendues sous le Label Blason Prestige Limousine). La SAU totalise 80 ha, avec des parcelles le long de deux affluents du Gouëssant. La mise aux normes de l'atelier bovins a été réalisée en 1997 : couverture de la stabulation et de l'aire d'exercice, création d'une fumière et d'une fosse. L'investissement sur cette partie a atteint 60 000 euros.
La station de traitement se place en complément du plan d'épandage. "400 tonnes de fumier sont exportées en zone légumière. Nous fertilisons toutes les parcelles en herbe et maïs avec le lisier, en utilisant un enfouisseur (Cuma de Landéhen). Nous utilisons de l'engrais minéral uniquement sur le blé", précise Benoît Rouault.
Concernant la protection des cultures, les doses de produits phytosanitaires ont été réduites, le pulvérisateur est diagnostiqué. Les produits sont stockés dans un local spécial, les emballages vides sont collectés et tous les traitements sont enregistrés. Les zones sensibles sont protégées par plusieurs mesures : bandes enherbées de 10 mètres et prairies en bord de cours d'eau, zones non traitées de 5 mètres minimum le long des rivières et 1 mètre le long des fossés, entretien mécanique des bords de parcelles et sous les clôtures.
 



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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Octobre 2008
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