
Est-il pertinent de développer toutes les énergies renouvelables (EnR) ? Voici en substance la question posée lors du rendez-vous mensuel des professionnels de l’énergie, le 14 octobre à Paris. La réponse est unanime : toutes les EnR sont bonnes à prendre, surtout s’il faut atteindre l’objectif communautaire de 23 % d’EnR en 2020 dans la consommation énergétique globale, édicté dans le paquet « Energie- climat ».
Cependant, plusieurs conditions s'imposent. D’abord le respect de l’environnement et du développement durable. Concernant les biocarburants ou carburants verts, si la polémique concernant les risques de compétition alimentaire « relève de l’émotionnel », selon André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), d’ici 2015, les progrès faits sur les biocarburants de 2e génération devraient la dissiper. Car en utilisant les résidus de culture, non alimentaires, « les états d’âme n’auront plus de raison d’être », souligne t-il. « Pour l’instant, les biocarburants de 2e génération représentent 1/3 de l’offre, et les industriels sont encore confrontés à des efforts de recherche importants », précise Gilles Cochevelou, directeur R&D de la branche gaz et énergies nouvelles de Total.
Le directeur marketing et innovations de Primagaz, François Chatelain, appelle de son côté les professionnels à étudier de manière globale les gains possibles en termes d’efficacité énergétique. « D’abord optimiser les systèmes énergétiques en place chez les particuliers, notamment l’isolation et les systèmes de chauffage, avant d’installer des systèmes en EnR (panneaux solaires, géothermie...). Ensuite, adapter la solution énergétique à la région de production, de manière à éviter les nuisances nouvelles. Les objectifs européens seront atteints plus rapidement, les économies réelles et l’impact sur l’environnement maîtrise ́».
Il faut aussi assurer la maturité financière et stabilité réglementaire des solutions énergétiques techniquement prêtes pour permettre aux industriels d’investir. Claude Nahon, directrice du développement durable et de l’environnement chez EDF, explique que les pouvoirs publics doivent prévoir « le financement permettant aux EnR d’atteindre leur maturité financière, une fois leur maturité technologique atteinte ». Pour André Antolini, « les EnR, dont toutes les courbes de croissance décollent, peuvent être le levier du rebond économique », après le passage de la crise financière actuelle.
Photo : Il convient d’abord d’optimiser les systèmes énergétiques en place chez les particuliers, notamment l’isolation et les systèmes de chauffage, avant d’installer des systèmes en EnR (panneaux solaires, géothermie...).