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Lin / La filière recherche des producteurs - L'appui technique et la logistique à huiler
 
Cette année, environ 1 000 hectares de lin ont été semés par plus de 250 agriculteurs dans le cadre de l'association "Lin tradition Ouest". Une surface insuffisante par rapport à l'objectif de 4 000 ha que s'est fixé la filière. Membre de l'association, le transformateur Valorex, basé à Combourtillé en Ille-et-Vilaine, traite actuellement 55 000 tonnes de graines de lin et souhaiterait s'approvisionner davantage localement (il achète actuellement en Grande-Bretagne, au Canada…).
"En 2005-06, la surface était montée jusqu'à 4 000 ha. Mais les faibles rendements de 2007 (comme dans les autres cultures), avec des prix déphasés par rapport au marché, ont découragé certains producteurs. Les cours ont flambé en céréales, alors que de notre côté, nous avions instauré un système de prix garantis sur 5 ans", retrace Pierre Ménard, producteur dans les Côtes d'Armor et président de l'association "Lin tradition Ouest". Désormais, la filière propose un prix indexé sur les cours du blé, du colza et du lin. Sur la récolte 2008, les producteurs ont été payés 540 euros par tonne.

Le poids des habitudes

Un autre obstacle auquel s'attelle l'association, c'est le poids des habitudes. "Les producteurs connaissent bien les cultures de blé, de colza. Les entrepreneurs maîtrisent leur récolte, les organismes stockeurs gèrent facilement les flux de ces produits", expliquent les responsables. Si elle demande quelques repères techniques (pas de travail du sol par exemple), la culture de lin est intéressante à bien des niveaux. "C'est une excellente tête d'assolement avec un pouvoir assainissant. Le lin améliore les rendements de la céréale qui suit. Par ailleurs, la culture structure le sol et le rend moins sec. Et elle nécessite moins d'intrants", précise Denis Burlaud de la SCA Lin 2000 (semencier dans l'Oise).
"Souvent, les ETA (entreprises de travaux agricoles) sont réticentes à ramasser le lin. Pourtant, cette culture laisse une plage de moisson plus importante que le blé (elle sèche plus vite) et l'encombrement en paille est plus faible. Le lin peut être récolté entre le colza et le blé. Il doit bénéficier du même niveau de priorité que les autres cultures dans la moisson", ajoute Stéphane Deleau, directeur général de Valorex.
Les responsables souhaitent que des accompagnements techniques et des solutions logistiques se généralisent au niveau des coopératives et autres organismes stockeurs. "Nous avons formé un technico-commercial pour aider les producteurs sur cette culture. Même si la mise en place de la collecte a un coût, le lin est un élément de différenciation (viande produite à partir de graines de lin par exemple). C'est une culture valorisante", note le directeur de la Coop du Garun. L'association « Lin tradition Ouest » travaille aussi sur la valorisation de la paille issue de la culture de lin oléagineux. Elle pourrait entrer dans la composition de matériaux recyclables.

Agnès Cussonneau

Pour renseignements : contacter les organismes stockeurs.

Photo : Les acteurs de l'association "Lin tradition Ouest", en réunion à Rennes le 14 octobre.


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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Octobre 2008
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