
Avec respectivement 72 et 81% de poumons indemnes, les deux parties de l'élevage de Crecom sur caillebotis et litière (conduits séparément) ont tous les deux conservé un excellent statut respiratoire", déclare Gwenaëlle Larour, ingénieur à la Chambre d'agriculture régionale. 77% de poumons indemnes en moyenne sur la station contre 30 à 40% dans les élevages bretons. En deux ans de fonctionnement depuis le repeuplement, les règles strictes de biosécurité ont permis de conserver un statut sanitaire de premier ordre. Les douches obligatoires pour le personnel, les séparations entre blocs naissage et engraissement, les tenues spécifiques à chaque bâtiment et l'utilisation des lave-bottes portent leurs fruits. La maîtrise sanitaire du troupeau est bonne. L'analyse des découpes de groins à l'abattoir confirme ces résultats. "92% des groins sont indemnes de toute altération. Il n'y a, à ce niveau, aucune différence notable entre les ateliers caillebotis et litière", poursuit Gwenaëlle Larour.
Recherche de contaminants respiratoires
Des analyses de la flore respiratoire, réalisées à l'Afssa de Ploufragan, sur des écouvillons naseaux et amydaliens, montrent une présence relativement faible de pasterelles (pasterella multocida) et de bordetelles (bordetella bronchiseptica), essentiellement dans l'atelier sur caillebotis. L'élevage est, par contre, indemne de Mycoplasma, d'haemophilus parasuis, de streptococcus ou d'actinobacillus. Les analyses sérologiques sur les charcutiers ont montré une circulation du virus de la grippe H1N1 sur la partie de l'élevage sur caillebotis, en 2007. "Ce passage avait entraîné une augmentation du nombre de lésions pulmonaires, laissant craindre une dégradation du statut sanitaire. Les contrôles suivants ont montré un retour à l'état initial".
Les résultats d'analyses de sérum sur trois bandes de truies au sevrage démontrent l'absence de circulation de SDRP, de mycoplasmes et d'actinobacillus (dans les deux ateliers). La circulation du virus de la grippe est confirmée sur les truies. Enfin, le circovirus est également présent sur l'élevage.
Le bilan respiratoire est donc proche d'un atelier à l'autre (caillebotis et litière) même s'il est légèrement supérieur sur litière. L'élément essentiel, pour Gwenaëlle Larrour, est bien l'absence de dégradation en deux années de fonctionnement. Ce statut explique les bonnes performances de croissance, d'indice de consommation et de pertes dans l'intervalle sevrage-vente. Le GMQ est supérieur sur la paille. Le TMP y est légèrement dégradé en raison du G2 des mâles, mieux valorisés sur caillebotis (59,9 de TMP moyen sur caillebotis; 59,3 sur paille avec une génétique mâle LW x piétrain).
Bernard Laurent
Photo : À la station expérimentale de Crecom, deux élevages de 57 truies (naisseur-engraisseur) sont conduits en parallèle. L'un est sur litière, l'autre sur caillebotis.