Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°8867 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 17 février 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Prix du lait / Absence de résultat au niveau national - Les blocages de camions maintiennent la pression
 
Dans la campagne morbihannaise de Baud, les syndicalistes de la section lait de la FDSEA 56 ont bloqué, vendredi, un premier camion de collecte de lait du groupe Entremont Alliance. D'autres blocages ont été réalisés durant le week end, visant les autres entreprises laitières. L'occasion pour les syndicalistes de faire partager leur analyse d'un contexte laitier très tendu.

Baisse des prix et flexibilité

La semaine dernière, les discussions nationales interprofessionnelles qui devaient fixer un prix du lait pour le 4ème trimestre n'ont pas abouti. "Pire, des baisses de prix ont été annoncées, allant de 70 euros par l 000 L pour ce 4ème trimestre à près de 120 euros pour le premier trimestre 2009", explique Frank Guéhennec, président de la section laitière de la FDSEA 56. Les entreprises laitières justifient ces baisses par une conjoncture européenne et mondiale mauvaise pour les produits industriels du type beurre, poudre, lactosérum…
Durant ces réunions, d'autres solutions ont été présentées comme la réapparition de la flexibilité des prix. Selon que l'entreprise est plus ou moins concernée par les produits industriels, elle pourrait appliquer une variation de prix de 30 euros par 1 000 L par rapport au prix de base fixé.

Equilibrer les charges

Dans les élevages, cette baisse de 70 euros ne passe pas car avec 270 euros par 1 000 L, le prix serait en baisse de 20 %. "Parallèlement, sur les douze derniers mois, nos charges (engrais, aliments…) ont augmenté de près de 20 %", souligne F. Guéhennec. Une donnée confirmée par l'indice d'évolution des charges des exploitations laitières (IPAMPA).
Cette augmentation des charges correspondrait à 50 euros par 1 000 L. "Notre prix d'équilibre permettant de payer les charges d'exploitation, les annuités et de rémunérer le travail se situe entre 320 et 330 euros par 1 000 L. Il n'est pas question de descendre au-dessous de ce niveau", résume le président de la section laitière.   
Ces positions ont été confirmées par la section laitière de la FRSEAO-JA. Elle demande que les discussions se poursuivent au sein de l'interprofession et qu'aucune entreprise ne sorte de ce cadre en annonçant son propre prix, comme a tenté de le faire Entremont Alliance.

Avoir plus de visibilité

Les producteurs attendent une évolution du prix du lait qui tienne compte de l'augmentation des charges des exploitations. Ils veulent une remise à zéro des comptes entre les producteurs et les entreprises pour 2007 et 2008 (estimés à 27 euros par 1 000 L). Ils citent l'exemple de l'Allemagne où le lait aurait été payé 20 euros de plus par 1 000 L aux producteurs, sur les 12 derniers mois.   
"Il nous faut des indicateurs plus fiables qui permettent une évolution plus réactive du prix du lait par rapport aux marchés", déclare F. Guéhennec. "En attendant la mise en place de cet indice, nous demandons une hausse de 7,04 par 1 000 L pour le dernier trimestre 2008".  Conscients qu'il faut créer un rapport de force, les producteurs restent mobilisés dans les quatre départements pour éviter que toutes les laiteries ne s'alignent sur la moins-disante.
L'objectif des responsables syndicaux est d'avoir une équité entre les producteurs. Or on risque de se retrouver avec des différences de prix d'une laiterie à l'autre. Il en serait de même pour les allocations provisoires de fin de campagne variant selon les entreprises, alors que le marché n'est pas capable d'absorber des hausses de production. Les éleveurs laitiers réclament plus de visibilité pour pouvoir gérer sereinement leurs exploitations.       

Patrick Bégos

Photo : Le camion d'Entremont Alliance bloqué dans la campagne de Baud par les producteurs morbihannais. 

Des pistes de travail

D'autres pistes de travail ont été mises en avant comme la création d'un outil de mutualisation et de dégagement des quantités de beurre et de poudre qui pénalisent certaines entreprises et tirent le prix du lait vers le bas. Cette mutualisation permettrait aux entreprises de concentrer leurs efforts sur les produits à valeur ajoutée.

 



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Octobre 2008
Imprimer l'article Imprimer l'article



La révolution rurale des années 60





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12487 depuis 1997)