
Le cours des produits laitiers industriels est en baisse générale depuis l’automne 2007 sur le marché européen. Dans sa lettre de conjoncture mensuelle, l’Institut de l’élevage se demande si la chute est terminée. Entre 2002 et 2007, la demande supérieure à l’offre a dopé les prix, mais la tendance est en train de s’inverser. Et la crise financière responsable d’un ralentissement de la croissance pourrait encore peser sur la consommation, de même que le scandale du lait chinois frelaté qui a écorné l’image des produits laitiers en Asie.
Les fromages résistent
Le cours européen moyen des produits laitiers industriels (poudres et beurre) avait atteint 4000 euros la tonne au cours de l’été 2007, mais il est progressivement revenu à 2500 euros, soit son niveau de 2006. La plupart des productions sont touchées. La poudre de lait écrémé en descendant à 1825 euros la tonne fin septembre 2008 n’est plus très éloignée de son prix d’intervention fixé à 1747 euros. La tonne de poudre grasse est passée de 3000 à 2 300 euros durant l’été. Le beurre aussi subit cette baisse des cours avec une chute de 40 % de son prix en un an. Seuls les fromages résistent vraiment au repli. La production française a progressé de 3% depuis janvier (+12 % pour les fromages à pâtes pressées cuites) et les cours se maintiennent, portés par des exportations en hausse dans l’UE. En juin 2008, l’emmental avait grimpé de 15 % (4,90 euros/kg) et le comté de 7 % (5,80 euros/kg) par rapport à juin 2007.
La collecte diminue
Le niveau des cours n’est pas encore catastrophique, mais les indicateurs ne poussent pas à l’optimisme. La consommation des ménages continue de baisser et les prix dans la distribution de flamber. Le lait et la crème ont pris 14,5 % dans les rayons entre les mois d’août 2008 et 2007, d’après l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Sur la même période, les fromages ont augmenté de 9,5 % et le beurre de près de 12 %. La conjoncture est donc moins favorable à l’élevage laitier, d’autant que s’ajoute la hausse des coûts de production (énergie, alimentation...). En France, la collecte, qui avait progressé de 3 % sur les six premiers mois de l’année, s’est stabilisée et se situe désormais 550 000 tonnes en dessous du quota théorique. La campagne 2008 semble donc se diriger vers une sous-réalisation importante, estime l’Institut de l’élevage.
Photo : Les fromages sont moins touchés par le repli des cours.