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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°8865 |
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LAIT / Pas d'accord sur une orientation du prix pour le 4e trimestre - Un échec qui fragilise l’interprofession
 
Des industriels laitiers privés et coopératifs qui campent sur leurs positions au sein du Cniel. Des éleveurs présentés par la FNPL qui jugent ces « propositions inacceptables ». Bilan : les deux réunions de l’interprofession, les 9 et 14 octobre derniers, ont été un échec cuisant. Impossible de se mettre d’accord sur une orientation du prix du lait pour le 4e trimestre 2008. Encore moins pour le premier trimestre 2009.
Le secteur laitier traverse une période particulièrement grave en matière d’approche du prix du lait depuis six mois. L’injonction de la DGCCRF (répression des fraudes) en mai dernier a déstabilisé la filière. L’entreprise Entremont qui depuis cet été tente, en solo, de faire passer des baisses importantes sur le prix du lait, a eu beau jeu de faire savoir, le 10 octobre, qu’elle faisait confiance à l’interprofession. Les propositions des transformateurs dans le cadre de la négociation nationale reprennent les tendances baissières souhaitées par Entremont !

« Laisser mourir la profession »

Dans ce contexte, la FNPL, a demandé, le 14 octobre, à ses fédérations adhérentes et à l’ensemble des producteurs de lait de se mobiliser et d’agir immédiatement pour éviter l’inacceptable. Une position partagée et suivie le 15 octobre par la Confédération paysanne et la Coordination rurale. Tous d’accord pour corréler le prix du lait à la hausse des charges des exploitations laitières. Le 16 octobre, la tension est montée d’un cran: « Faut-il s’adapter aux règles des transformateurs ou laisser mourir la profession? », s’interrogaient la FNSEA et les JA, appelant à la mobilisation générale. « Les transformateurs ne peuvent pas demander aux producteurs d’attendre plusieurs mois pour répercuter les hausses et leur demander une réactivité immédiate lorsque les marchés sont à la baisse, précisait le syndicalisme majoritaire. Les discussions doivent repartir sur des bases sérieuses et cohérentes. »
Le 14 octobre, les bases de négociation proposées par les entreprises étaient toujours les mêmes. « Selon les fabrications, elles aboutiraient à une baisse de 40 à 70 €/1000 litres au quatrième trimestre et à une baisse de 100 à 120 €/1000 litres au premier trimestre 2009 », a souligné la FNPL dans un communiqué. Des baisses « inconcevables » pour les éleveurs dont « les charges ont progressé de près de 20 % en un an », précisait le syndicat. Pour l’heure, seuls les syndicats de producteurs se font entendre. Des appels qui tranchent avec le silence d’Atla, qui regroupe les fédérations des transformateurs privés et coopératifs au niveau national.

Une réponse politique

Conscients que la situation devenait explosive, les pouvoirs publics ont redonné à l’interprofession nationale, il y a deux semaines, la possibilité de chercher des solutions pour le court terme et d’élaborer des mécanismes d’encadrement pour l’avenir, compatibles avec les règles de la concurrence. À la crise larvée de cet été, conséquence de la « sortie » du groupe Entremont sur le prix du lait, la réponse avait aussi été politique. A quelques jours de l’inauguration du Space par le Premier ministre François Fillon, on apprenait la constitution d’un groupe de travail interministériel afin de réfléchir à ce qui n’est pas loin de ressembler à la quadrature du cercle : comment redonner le pouvoir à l’interprofession nationale, gage de stabilité dans la filière, tout en répondant aux exigences de la répression des fraudes ?
Pour parer au plus pressé, Michel Barnier a proposé, le 9 octobre, un « dispositif souple », par publications d’indicateurs fiables à l’échelle nationale gérés par le Cniel. Un nouveau dispositif pour la prochaine campagne serait fondé « sur des indicateurs élaborés par l’interprofession au plan national et répondant à la nécessité d’une plus grande réactivité par rapport aux évolutions du marché ». La négociation interviendra entre les producteurs « réunis au sein des interprofessions régionales » et les transformateurs, avait expliqué le ministre à Agra presse. Une décentralisation de la négociation qui semble déjà se dessiner faute d’accord au niveau national, avant même l’installation du nouveau dispositif.
Cette ouverture des pouvoirs publics n’a pas suffi. La filière laitière risque de sombrer dans une crise sans précédent. Dès cet été, le groupe Entremont a joué les éclaireurs de cette nouvelle pratique du « chacun pour soi » en décidant de faire cavalier seul. Une mauvaise nouvelle pour la filière dont la force était justement la capacité à négocier au niveau national. Pas sûr que les transformateurs y gagnent forcément. Le risque est grand, pour qu’au final, on ne compte que des perdants.

Photo : Le secteur laitier traverse une période particulièrement grave en matière d’approche du prix du lait depuis six mois.


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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Octobre 2008
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