Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
ÉNERGIE / Filière bois énergie - Le marché de la plaquette se structure
 

Après les déchiqueteuses à alimentation manuelle, puis les matériels à grappin attelés au tracteur, une nouvelle génération de broyeur fait son entrée dans le paysage du bois énergie.

Un dinosaure mécanique de 770 CV

Une première en France, la société Becob – Bois énergie centre ouest Bretagne – a investi dans un engin d'une puissance totale de 770 CV (550 pour le broyeur et 220 pour le porteur). Un matériel articulé, porté par 8 motrices, qui accède sans difficulté aux endroits les plus difficiles. Le tout sans que les remorques ne soient obligées de suivre puisque l'engin est équipé d'une trémie tampon d'une capacité de 28 m3 qui monte à 4,50 m de haut lors de la vidange dans les semi-remorques.

 

Actuellement en chantier sur le domaine de Ménez-Meur, à Hanvec (29), ce dinosaure mécanique affiche des débits pantagruéliques. D'un cyprès d'une vingtaine de mètres de haut, la machine n'en fait qu'une bouchée en une poignée de secondes. "Le débit du chantier varie de 120 à 220 m3/h selon la préparation du bois", chiffre Jean-Marc Ropars, gérant de la société, associé à Bernard Perrot, commercial. Et d'ajouter : "Ces résineux morts sur pied font de l'excellente plaquette à 30 % d'humidité. Pour les chaudières individuelles ou le paillage, c'est le produit idéal".D'abord exploitant forestier à Locmaria-Berrien (29), Jean-Marc Ropars a investi dans ce matériel dans le cadre l'opération "pôle d’excellence rurale" qui permis d'obtenir une aide régionale et européenne équivalente à 40 % de l'investissement. "Nous achetons du bois, nous coupons et nous nettoyons les parcelles. Le broyage des rémanents en plaquettes permet de laisser un terrain propre prêt à être replanté", justifie-t-il avant d'indiquer que son entreprise est labellisée PEFC, une qualification internationale attestant la bonne gestion de la forêt.

L'agriculture intéressée

La valorisation des rémanents forestiers, jadis laissés sur le sol, génère d'importants volumes de plaquettes. "Nous ne sommes pas inquiets sur le gisement", assure Bernard Perrot. "Aujourd'hui, nous sommes capables de garantir un approvisionnement à prix compétitif. La Timac, usine de fabrication d'engrais à Saint-Malo, fait partie de nos gros clients qui consomment 5 000 tonnes an. De plus en plus d'industriels s'intéressent à cette énergie".
Le secteur agricole se montre également intéressé. Comme Jean-Paul Mazé, aviculteur à Brasparts, qui vient de rentrer 580 m3 de plaquettes sur les 1 500 m3 nécessaires annuellement pour chauffer ses 2 poulaillers d'une surface de 2 400 m2. "Ce qui est intéressant, c'est qu'en une petite journée on reconstitue une bonne partie du stock. Dans ces conditions de production à grande échelle, les chantiers sont simples et ne s'éternisent pas", apprécie-t-il en soulignant que l'approvisionnement local permet de réduire les coûts. "Le chantier de broyage était à une dizaine de km, ce qui a permis de faire le transport avec deux remorques agricoles et un camion".

Didier Le Du

 

Photo : Le broyeur est capable d'avaler des troncs jusqu'à 75 cm de diamètre. Malgré la puissance de la machine, la consommation de fioul d'un tel mastodonte n'est que de 0,5 l/m3 de plaquettes produites. 

 Un chemin à vaches en plaquettes

Maurice Dilasser, éleveur laitier à Scrignac, a employé des plaquettes en revêtement pour son chemin à vaches. "Il y a quelques années, j'ai empierré des chemins à vaches que j'ai ensuite recouvert de sable. Mais à la sortie de la stabulation, là où les vaches passent souvent, j'étais confronté à la formation de boue. Avec tout ce qui va avec : des boiteries, des pattes et des pis sales. En mars dernier, j'ai étalé des plaquettes de bois sur une épaisseur de 15-20 cm. Avec un camion de 90 m3, j'ai recouvert une bonne centaine de mètres sur plus de 3 mètres de large".
Avec l'été pluvieux de 2008, le tapis de plaquettes a presque essuyé des conditions hivernales. "Là où les vaches passent beaucoup, je devrais sans doute ajouter une couche supplémentaire. J'ai déjà raclé une fois pour enlever la couche de boue superficielle qui s'était déposée : ça se fait bien. Plus haut, là où il y a moins de passage, les plaquettes semblent bien tenir. Et en tout cas, aujourd'hui, j'ai beaucoup moins de boiteries et les mamelles sont beaucoup plus propres".
Des éleveurs utilisent également des plaquettes dans les stabulations. De même que des centres hippiques en font des revêtements pour manèges à chevaux.




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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Octobre 2008
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