
Du lait entier, des céréales et des tourteaux produits sur l’exploitation permettent-ils de sevrer des veaux laitiers sans altérer les performances ? Oui, répondent l’Institut de l’élevage et la Chambre d’agriculture du Maine-et-loire qui ont conduit un essai sur des génisses holstein. Sans compter que l’alimentation en 6 repas, associée à un concentré en graines entières, est une formule favorable au temps de travail, à l’astreinte et à la pénibilité du travail (50 seaux de moins à porter par veau !).
Maïs grain entier ou blé aplati
L’étude a porté sur un allaitement des veaux au lait entier pendant 8 semaines en 6 repas par semaine. Le concentré fermier, en graines entières ou aplaties, étant assuré jusqu’à six mois d’âge.
L’essai a été réalisé sur 39 génisses Prim’Holstein, allaitées en cases individuelles. Les veaux ont reçu en 14 repas par semaine : 4 l/j de colostrum et de lait non commercialisable en semaine 1 et 6 l/j en semaine 2. De la semaine 3 au sevrage (semaine 8), les veaux ont reçu 5 l de lait entier par jour en six repas par semaine (lait supprimé le dimanche). Le lait était distribué à une température de 40 °C.
Dès la 2e semaine, les veaux ont reçu du foin à volonté (valeur : 0,67 UFL– 39 g PDIN – 67 g PDIE/kg MS), du concentré et de l’eau au seau.
Deux mélanges fermiers étaient utilisés : l’un comportait 70 % de maïs-grain entier et 30 % de tourteau de colza gras (1,06 UFL – 96 g PDIN – 91 g PDIE/kg brut). L’autre était composé de blé grossièrement aplati et 30 % du même colza (1,03 UFL – 109 g PDIN – 98 g PDIE/kg brut). Chaque concentré fermier contenait 2 % de minéral vitaminé de type 0-30-6.
Après le sevrage, les veaux étaient en case collective. L’aliment concentré était limité à 2,5 kg/j du sevrage à 4 mois et à 3 kg/j les cinquième et sixième mois. Il est distribué 2 fois/j au cornadis bloqué. Le foin reste disponible à volonté.
Poids objectif atteint
L’analyse des pesées montre que l’allaitement sur huit semaines dont six avec 6 repas par semaine a entraîné la même consommation de MS dans les deux lots. A six mois, les veaux du lot « blé + colza » atteignaient l’objectif de 30 % du poids adulte. Le lot « maïs + colza » ayant moins bien supporté les trois épisodes de grippe de l’hiver.
« Cet essai montre que l’utilisation de tourteaux de colza fermiers avec des céréales sous deux formes de présentation permet d’accéder aux performances attendues », observent les responsables de l’essai, avant de rappeler que cette technique de 6 repas de lait entier par semaine permet d‘obtenir le poids objectif à six mois tout en simplifiant le travail. « Le sevrage, le lendemain d’un jour sans repas lacté est facilité par la consommation de concentré développée par les veaux ».
Didier Le Du
Photo : Les concentrés fermiers à base de maïs ou de blé aplati permettent d’atteindre les performances attendues à 6 mois d’âge.
Le veau compense par du concentré
En l’absence de repas lacté le dimanche, le veau consomme de 35 à 55 % de concentré en plus que la veille. Le mardi, la consommation diminue sans revenir au niveau du samedi précédent.
En huitième semaine, la consommation moyenne de concentré est de 1,3 kg/j de repas lacté. Elle augmente de 55 % le dimanche pour atteindre 2 kg. Le lundi, au sevrage, les veaux ont atteint la consommation de concentré recommandée. À huit semaines, les veaux avaient en moyenne consommé 33 kg de concentré.