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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Bovins Viande | Article n°8842 |
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SALERS / Avec la hausse des coûts de production - L'activité naissage fragilisée
 

Quel est l'intérêt de l'engraissement en Salers aujourd'hui ?" s'interrogeaient, jeudi 2 octobre, les adhérents de l'association "Salers de l'Ouest" en visite sur l'exploitation de Marie-Thérèse et Michel David (naisseurs), à Mélesse (35). Se basant sur les résultats d'une expérimentation menée à Mauron en 2001 avec des jeunes bovins (durée d'engraissement de 295 jours, GMQ de 1304 g/j, poids de carcasse de 385 kg avec classement R= et rendement de 57,5), Christian Veillaux, de la Chambre d'agriculture, a calculé le prix d'intérêt de l'engraissement. Avec un prix d'achat du broutard de 660 euros, il aboutit à un prix de vente du JB de 2,98 euros/kg pour obtenir la même marge qu'un maïs grain dégageant 750 euros/ha. Avec une marge maïs de 1000 euros/ha, le prix de vente du JB doit atteindre 3,12 euros/kg.
Cependant, ce calcul ne prend pas en compte les coûts de main-d'œuvre et de bâtiment, les coûts de distribution (en moyenne 200 euros / animal) de l'activité d'engraissement, qui augmentent d'autant le prix d'intérêt. Conclusion : "actuellement, céréales et jeunes bovins dégagent environ la même marge à condition de ne pas avoir trop d'investissements en cours, commente Christian Veillaux. Le naissage-engraissage est valorisé chez ceux qui ont déjà leurs bâtiments, mais la filière ne peut pas, aujourd'hui, réinvestir. On risque d'aboutir à un parc bâtiments vétuste d'ici 10 ans".

Le broutard, variable d'ajustement

Si les engraisseurs parviennent à tirer leur épingle du jeu dans le contexte actuel, les naisseurs sont moins bien lotis, le prix du broutard servant de variable d'ajustement. "Par ailleurs la Salers pâtit de son image de viande peu chère, déplore un producteur : parfois 200 euros de moins pour un broutard Salers par rapport à un Charolais. Nous devrions davantage faire valoir le potentiel de croissance de la race, qui est bien réel."
Pour dégager un meilleur revenu, opter pour la production de broutards croisés est tentant : les coûts de production sont les mêmes, et la valorisation supérieure à la clé (parfois 100 euros de plus par broutard vendu). Une pratique qui interpelle forcément sélectionneurs et organisme de sélection. "C'est peut-être intéressant économiquement mais qu'en est-il du progrès génétique si tout le monde produit du croisé ? interroge Alice Jardin, technicienne au Herd Book Salers. On risque de perdre en facilités de vêlage et en qualités maternelles. Or, la Salers a déjà amélioré ses poids de carcasse et les premiers résultats sont aussi visibles en terme de conformation."
Pour l'heure, les naisseurs espèrent une hausse des cours grâce à la reprise des exportations de broutards vers l'Italie. Le pays a en effet repris son rythme de croisière en terme d'importation de broutards français (91 % de ses broutards), mais il n'est pas dit que les prix suivent compte tenu de l'importance de l'offre, de la baisse de la consommation de viande bovine mais aussi de la concurrence des autres viandes.

Anne-Laure Lussou

 

Photo : Si les importations italiennes de broutards ont repris à bon rythme, l’incertitude demeure sur les prix.


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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Octobre 2008
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