
Installé en 1997, Bertrand Gillard a produit des œufs de consommation avec 30 000 pondeuses jusqu'en 2007. "J'exploitais deux poulaillers, l'un de 21 000 poules dont les cages ont été renouvelées en 1997 et un second de 10 000 poules, qui nécessitait une rénovation", explique l'éleveur. "Dix ans après mon installation, j'étais confronté à plusieurs enjeux : la mise en place des normes bien-être en 2012, la volonté de pérenniser l'exploitation et d'avoir de meilleures conditions de travail". Bertrand préfère la production d'œufs, plutôt que les porcs à l'engrais, seconde activité de l'exploitation.
Agrandir pour mécaniser
L'embauche d'un salarié et la mécanisation de l'atelier pondeuses permettraient d'améliorer les conditions de travail. Cette solution nécessitait l'augmentation de la taille de l'atelier et le passage aux normes bien être. "J'ai donc choisi d'acheter des droits à produire pour passer à 68 000 pondeuses, de construire un bâtiment avec des cages aux normes bien être pour 47 000 pondeuses et de conserver le bâtiment existant de 21 000 poules. Deux personnes peuvent assurer la conduite des trois productions (pondeuses, 1342 places de porcs et 85 ha de cultures) dans de bonnes conditions".
Le poulailler neuf est équipé de 47 000 places en cages nouvelles normes 750 cm2 aménagées. "Je voulais des cages qui puissent durer 30 ans, ayant fait leurs preuves et qui soient d'un bon rapport qualité/prix". Après visites de plusieurs élevages, le choix s'est porté sur des cages Meller de 48 places (voir hors-texte).
Des réglages fins
Entre les deux poulaillers, un nouveau bâtiment a été construit pour abriter le centre de conditionnement. Il est équipé d'une emballeuse et d'un robot palettiseur. Les fientes sont séchées en tunnel, stockées sous hangar et exportées hors Bretagne. L'investissement s'élève à 25 euros/poule dont 20 euros pour la coque, les cages et le séchage et 5 euros pour le conditionnement (bâtiment, emballeuse et robot).
La première bande est en place depuis novembre 2007. "Durant les deux premiers mois, il a fallu effectuer des réglages et changer quelques habitudes de travail pour réellement prendre en main ce nouvel outil", confie Bertrand. Le tapis d'avancement des œufs a été réglé de manière très fine, pour tenir compte des heures de ponte et des heures de ramassage des œufs.
Moins de travail manuel
"Avant, je m'occupais seul de l'atelier de 30 000 poules et des porcs. Nous sommes maintenant deux pour 68 000 poules et les porcs", résume Bertrand. Auparavant, la palétisation était manuelle mais le ramassage était déjà automatique. Une seule personne effectue, aujourd'hui, le tri des œufs. L’emballeuse les met en alvéoles et le robot empile ces alvéoles sur la palette. "Il faut environ 2 h 30 chaque matin pour la mise en alvéole de 65 000 œufs".
La répartition du travail sur la semaine a été modifiée. "Avant, il fallait ramasser les œufs, le dimanche matin", poursuit Bertrand. "Ce n'est plus le cas, les longueurs de tapis permettent de les stocker en attente et le lundi matin, le ramassage dure 1 h 15 de plus". Le temps dégagé par la diminution des tâches manuelles permet de mieux surveiller les animaux. Les fientes sèches ont également apporté plus de confort de travail.
Des performances au moins identiques
Les poules semblent satisfaites de leur sort. "Elles se sont bien adaptées et recherchent les perchoirs. Les nids fonctionnent bien et sont propres. Il y a eu très peu de pontes, hors des nids. Les performances sont identiques à 60 semaines, mais la tendance serait une progression de 0,5 % du taux de ponte". La fin de ponte pourrait se traduire par une amélioration plus nette car les poules sont en meilleur état et fatiguent moins. Les taux de mortalité sont identiques. La qualité des œufs est au moins équivalente voire supérieure, ce qui permettrait de vendre plus "d'œufs coquille", sur une bande complète.
Avec un amortissement de l'investissement sur 7 ans et 12 ans, Bertrand a bénéficié d'un contrat Jeunes Investisseurs d'Unicopa, lié à la masse d'œufs et indexé sur le prix de l'aliment. "Il devrait permettre de dégager un revenu, en ayant une marge de sécurité de 15 à 20 %, grâce à la présence du poulailler déjà amorti".
"J'ai déjà 10 ans d'installation. M'installer en 2007 avec ces investissements m'aurait fait peur", confie Bertrand qui a une stratégie à long terme. "Une partie des emprunts du nouveau poulailler sera terminée en 2012. Ce qui me permettra peut-être, de réinvestir, pour renouveler les cages de l'autre poulailler. L'ensemble de l'atelier serait alors aux normes 2012, sans augmenter le niveau de charge de remboursement".
Patrick Bégos
Des cages de 48 places
Les cages Meller sont larges (1,86 m x 2,40 m), ce qui a permis de réduire la longueur du bâtiment. Elles sont équipées de 2 nids avec astroturf, de perchoir (15 cm/poule), d'un accès de mangeoire (12 cm/poule), de 2 bacs à poussière et de raccourcisseurs de griffes. Le bâtiment comprend 7 étages de cages avec une passerelle au 4ème niveau.
Photo : Chaque cage de 48 poules est équipée de 2 nids, de perchoirs et de bacs à poussière.