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OEUFS / La conjoncture se retourne - La production augmente, les cotations baissent
 
Depuis juillet 2006, le coût de l'aliment pondeuse a progressé de plus de 60 %, alors que les cotations des œufs ont retrouvé leur niveau de 2006, après une embellie jusqu'à juin 2008. Le point sur la conjoncture, d'après les données de l'ITAVI.

 1  Reprise de la production en 2008

Les mises en place de poulettes ont augmenté en France de 3,9 % au premier semestre 2008. Les estimations de production d'œufs pour les onze premières périodes de 2008 indiquent un très léger repli de la production mais compte tenu de la reprise amorcée, la production de l'ensemble de l'année devrait retrouver le niveau de 2007 (schéma 1). Depuis l'été, le niveau de production est très supérieur à celui de 2007. En octobre 2008, il serait en progression de 4,9 % par rapport à octobre 2007. Une donnée confirmée par la progression des fabrications d'aliments pondeuses.

 2  Stabilisation de l'élevage alternatif

Les effectifs de pondeuses élevées en système alternatif (au sol, plein air, bio, label) sont estimés à 8,4 millions de poules en 2007, soit 18,4 % du cheptel français. Dans ce total, la part du bio est à 19 %, le label rouge à 21 %, le plein air hors label rouge à 45% et les poules au sol à 15 %. Sur les cinq dernières années, la production la plus dynamique est le Label rouge (+7 %/an) alors que le bio ne progresse que de 1,8% par an.

 3  Progression des ovoproduits de 5 %

En 2007, la production d'ovoproduits aurait progressé de 5 % par rapport à 2006. Si on y ajoute la production d'œufs durs et d'autres ovoproduits cuits élaborés, on peut estimer la production totale à 325 000  t. équivalents œufs coquilles soit 36 % de la production nationale d'œufs. La Bretagne assure 19 % de la production nationale d'ovoproduits, derrière les Pays de la Loire (49 %).

 4  Léger repli de la production européenne

Selon les dernières prévisions de la Commission, la production européenne serait en léger repli de 1,1 % en 2007. En Belgique, l'orientation demeure nettement à la baisse. Le repli est plus faible en Allemagne, en Espagne et en Italie. Par contre, aux Pays Bas et au Royaume Uni, la tendance est à la hausse, notamment en 2008. Cette tendance se retrouve à l'Est, où Pologne, République Tchèque et Hongrie sont en progression de 8 à 20 %.

 5  Des cotations en baisse

Début 2008, les cours sont restés fermes puis ont débuté leur repli saisonnier. Depuis juin, les cotations sont inférieures à celles de 2007. Sur les huit premiers mois de 2008 (35 semaines), la moyenne cumulée des calibres M et G reste en progression de 25,1 % par rapport à la moyenne de la période 2002-2006 et celle de la cotation TNO industrie s'inscrit en hausse de 24,9 %. Sur le marché européen, la tendance est identique. Fin août, la cotation TNO n'avait plus d'avance et se situait dans la courbe moyenne 2002-2006. (schéma 2)

 6  Plus d'œufs alternatifs en Europe

Près de 67 millions de pondeuses seraient élevées en système alternatif au sein de l'UE à 25, soit 21 % des effectifs. L'Allemagne arrive en tête avec 13,9 millions de pondeuses soit 32 % de ses effectifs nationaux. Aux Pays-Bas, avec 13 millions de pondeuses, la part est encore plus forte (53 %), alors qu'en France, le pourcentage ne dépasse pas 18 %.  

 7  Une consommation qui stagne

La consommation s'avère stable en Europe autour de 234 œufs par personne par an avec d'importantes variations allant de 180 œufs par personne aux Pays-Bas à 300 œufs en Hongrie. En France, la consommation est estimée à 244 œufs par personne sur les trois dernières années, avec une tendance à la diminution. On note une segmentation croissante des œufs coquille au profit des systèmes alternatifs. Les œufs datés restent le cœur du marché (41 %), suivi des œufs frais et premier prix (29 %). Les segments alternatifs représentent 29 % des volumes vendus en GMS.


Patrick Bégos


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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 16 Octobre 2008
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