
La progression de la maladie freinée : Début de semaine, on recensait sur la Bretagne environ 450 foyers. L’Ille et Vilaine reste la plus touchée avec plus de 350 cas, le Morbihan en a déclaré une cinquantaine, les Côtes d’Armor, 25, et le Finistère seulement 6. « Mais le plus important est que le nombre de cas déclaré, notamment en Ille et Vilaine, décline fortement et régulièrement depuis le début septembre », estime Thomas Aubineau, vétérinaire du GDS 35.
Plutôt rassurant car dans le même temps, la campagne de vaccination avance bien. Et encourageant, puisque les symptômes de la maladie s’avèrent globalement peu graves. « Les signes cliniques le plus souvent retrouvés sont la fièvre, les croûtes sur le mufle, les lésions sur les trayons, les boiteries. Les cas de mortalité sont rares ». À signaler qu’aucun foyer n’a été déclaré dans un élevage couvert par la vaccination (3 semaines après la 2e injection).
« La vaccination a évité l’explosion », est persuadé Jean-François Tréguer, président de l’UBGDS. D’autant que la Bretagne s’est montrée bon élève. « Nous enregistrons le taux de vaccination le plus important du territoire ». En attestent les chiffres de réservations des doses par les vétérinaires qui dépassent dans les départements les 90 %. Il rajoute que « le mois de septembre un peu plus froid a probablement freiné l’activité virale ». Sans doute faut-il voir également dans ce ralentissement du nombre de cas quelques oublis de déclaration pour des animaux ayant développé peu de symptômes. Il rappelle cependant « qu’il s’agit d’une maladie réglementée à déclaration obligatoire ».
Pas de risques avérés liés à la vaccination : Une campagne de vaccination d’une telle importance induit quelques interrogations, notamment sur les risques d’accidents d’élevage. « La présence du virus FCO sur toute la Bretagne peut par elle-même provoquer des avortements, des vêlages prématurés… ». De fait il est difficile de certifier qu’un accident de ce type est lié à la maladie, au vaccin ou à une autre cause. « Le vaccin est inactivé, ce qui limite les risques ». Pas question pour autant d’éluder la question. Aussi, lorsqu’un problème survient après la vaccination, le vétérinaire ouvre un dossier dit de « pharmacovigilance ». Ceci permet de mener l’enquête pour déterminer la cause. « Sur plus d’un million d’animaux vaccinés, moins de 20 dossiers ont pour le moment été instruits, sans que le vaccin ne soit mis en cause d’une manière certaine ».
La stratégie vaccinale 2009 : La campagne comportera deux nouveautés, la probable obligation de vacciner et la double vaccination pour se protéger à la fois du virus du sérotype 8 (le virus actuellement présent) et du virus du sérotype 1. Celui-ci est aux portes de la Vendée et remonte de 50 km par semaine. L’incertitude, dans l’immédiat, est la disponibilité du vaccin sérotype 1. (voir hors texte)
Un point reste aussi à négocier, l’aspect financier. Rappelons qu’en 2008, la prise en charge était de 100 % pour le vaccin et de 50 % de l’acte. La France a de nouveau demandé la prise en charge des vaccins pour 2009 au niveau européen. Jean-François Tréguer reconnaît que “c’est un aspect non négligeable pour convaincre les éleveurs à poursuivre l’effort de protection des troupeaux par la vaccination. Ceci d’autant qu’il y aura deux vaccins à injecter et que très probablement la vaccination sera obligatoire”.
Pierre Dénès
Objectif, vacciner au printemps 2009
Concrètement dès lors que le vaccin du sérotype 1 sera disponible, la vaccination débutera. « L’idéal est de pouvoir disposer des vaccins dès le printemps, ce qui facilitera la mise en place du dispositif avant la mise à l’herbe ». Les troupeaux allaitants seront prioritaires. La vaccination commencera par les animaux non vaccinés, notamment les jeunes non concernés par la vaccination en 2008. Ils recevront deux injections (primo + rappel) des deux vaccins (1+8). Et ensuite les animaux vaccinés en 2008 recevront 2 injections du vaccin 1 (primo + rappel) et seulement une injection du vaccin 8.
Photo : De gauche à droite : Thomas Aubineau, vétérinaire du GDS 35, Jean François Tréguer, président du l’UBGDS, Jean Paul Le Dantec, DSV, Patrick Le Provost, directeur de l’ UBGDS.