
Le bilan du 3e programme d'action de la directive nitrates (PMPOA 3) a un peu des allures de bulletin scolaire : "Bons résultats dans l'ensemble, mais ne doit pas relâcher ses efforts". C'est en substance ce que dit le préfet, Pascal Mailhos, quand, à l'issue d'une réunion-bilan avec les professionnels, il résume : "Nous avons reconnu que le 3e programme avait été un outil efficace et que le monde agricole a fait des efforts significatifs. Mais, nous ne sommes pas encore au bout, notamment au niveau des pratiques agronomiques".
Tout laisse donc à penser que l'on retrouvera ce volet agronomique dans le 4e programme dont le démarrage est prévu pour juin 2009. "Rien n'est défini à ce jour", prévient cependant Hélène Boucher, responsable départemental du service environnement. "Une phase de consultation, suivie d'une période d'observation, va avoir lieu prochainement. L'objectif étant de proposer un projet pour la fin de l'année 2008".
Diminution du cheptel
Plus en détail, le bilan du 3e PMPOA montre que la diminution de la pression azotée tient, entre autres, à la diminution des effectifs animaux : - 6 % des quantités d'azote produites, soit 4 000 tonnes. Traduit en cheptel bovin, ce volume correspond à 47 000 vaches laitières. Sachant qu'il s'agit en fait d'un tonnage tous animaux d'élevage confondus et, qu'en parallèle, le cheptel porc charcutier a augmenté de 5 % pendant que le nombre de reproducteurs diminuait.
Bref, réduction d'un côté, augmentation de l'autre, le bilan net azote (entrées-sorties) de la "ferme Finistère" diminue de moitié la balance azotée en passant de 75 kg/ha à 36 kg/ha en moyenne sur la période 2000-2006. "Ceci traduit une meilleure gestion de la fertilisation azotée notamment pour l'azote organique du fait de la résorption", commente l'administration, observant que "les pratiques de fertilisation s'améliorent".
Au niveau des cantons en Zes, 15 000 t d'azote devaient être résorbées pour atteindre l'équilibre de 170 kg/ha sur les 29 cantons en Zes. Au 1er septembre 2008, ce sont 11 550 tonnes d'azote qui ont disparu plaçant le département à 77 % de l'objectif. Le Finistère étant meilleur élève que la moyenne bretonne évaluée à 73 %. "Sur les 450 exploitations soumises à l'obligation de traitement, 97 % ont déposé un dossier ICPE validant une solution de résorption", complète le préfet, relevant que "les résultats de la résorption sont hétérogènes selon les secteurs. Le nord-ouest du département accuse un retard".
Didier Le Du
La fin des Zes ?
Alors que des cantons sont parvenus à l'objectif qui leur était imposé (Quimper 2, Châteauneuf-du-Faou, Pont-Croix, Taulé, Morlaix, Plouzévédé, Brest), voire l'ont dépassé (Plogastel-Saint-Germain, Scaër), la fin du PMPOA 3 n'annonce pas la fin des Zes. "Personne ne le réclame", assure l'administration avant de reconnaître que, "si l'indicateur d'activité est très bon, en impact (NDLR : qualité de l'eau) ce n'est pas parfait". Et de préciser : "La qualité des eaux superficielles s'améliore depuis 2000. On observe cependant une légère tendance à l'augmentation des teneurs moyennes depuis 2005".
Restructuration externe
La restructuration externe a mobilisé 2 % de l'azote des 29 cantons en Zes. "91 % des projets concernent des éleveurs de porc naisseur-engraisseur qui, par conversion d'azote volaille ou porc, améliorent la cohérence technique de leurs élevages", détaille Pascal Mailhos. À ce jour, 440 sites de production ont fait l'objet d'une demande de reprise au titre de contrôle des structures par 260 exploitations candidates à la restructuration. 112 éleveurs ont concrétisé leur projet par le dépôt d'un dossier auprès de la DDSV.
Photo : Vendredi, le préfet, Pascal Mailhos (1er à gauche) a présenté le bilan du PMPOA 3, accompagné, entre autres, de François Bonnet, directeur de la DDAF, et Hélène Boucher, responsable du service environnement.