
Contribuant à la préservation des ressources naturelles, les couverts végétaux sont certes obligatoires (voir ci-contre), mais ils présentent aussi des aspects positifs pour les agriculteurs, en particulier, ils coupent le cycle des maladies. Il faut toutefois bien les choisir et se rappeler que le couvert idéal n'existe pas, c'est un compromis à trouver.
En premier lieu, ils sont à réfléchir en fonction du système de production. Dans les grandes lignes, en exploitation spécialisée (plusieurs légumes), il conviendra d'utiliser de l'avoine, du seigle ou de la moutarde noire. "En exploitation polyculture (1 seul légume/rotation), le RGI et la phacélie seront privilégiés. En exploitation céréalière/élevage : RGI, phacélie, moutardes (blanche et noire), radis", préconisent les techniciens de la Chambre d'agriculture.
Certains couverts peuvent engendrer des effets négatifs sur les cultures. "Des plantes comme la moutarde blanche, le radis navette ou la phacélie pérennisent, voire développent le sclérotinia", précisent les techniciens. Le RGI est vraiment à réserver aux éleveurs qui peuvent s'en servir comme fourrage, car les repousses sont quasiment systématiques.
Graminées en légumes
Pour les légumiers, les graminées (type seigle, avoine) sont très intéressantes, mais coûtent un peu plus cher. Il est toutefois possible de produire ses semences. Très intéressant pour la structure du sol, le seigle va, par contre, demander un passage obligatoire de glyphosate. L'avoine de printemps, qui a une action un peu inférieure sur la structure, craint par contre le gel. "Le nyger commence à se développer, sa limite étant sa très faible résistance au gel".
Parmi les espèces dernièrement expérimentées, le sorgho, le moha et la vesce sont intéressants pour une éventuelle production de biomasse qui pourrait être utilisée en méthanisation. Encore faut-il que ce débouché soit possible. La moutarde noire semble assainir les sols contre aphanomyces (pois) et sclérotinia. Les doses de semis, ainsi que les dates de destruction, sont à affiner sur ce végétal.
Agnès Cussonneau