
Nous avons déjà récolté plus de 90 Mt de grains», a indiqué Andrey Slepnev, secrétaire d’Etat à l’Agriculture, lors de la conférence internationale organisée par la Russian Grain Union (fédération russe des céréales), à Moscou. « Compte tenu des bonnes conditions climatiques, nous récolterons au moins 95 Mt, un record depuis 10 ans ».
Cette récolte « géante » risque de ne pas se révéler facile à commercialiser. D’une part, les besoins de la Russie sont limités. Peut-être plus encore que ses voisines, la Russie a bien du mal à développer une activité d’élevage. Elle est loin de couvrir ses besoins et se trouve dans une position structurellement importatrice. Selon les chiffres de l’USDA (département américain de l’Agriculture), le pays ne devrait produire en 2008 qu’à peine 56 % de ses besoins en bœuf contre 69 % en 2004. Sur quatre ans, la baisse s’établit à 14 %.
Perte de savoir-faire
Pour François Viel, attaché agricole à l’ambassade de France à Moscou, « les Russes ont perdu le savoir-faire en élevage bovin ». L’arrivée de nouveaux investisseurs avides de profits à court terme ne devrait pas améliorer les choses. « Ils sont dans une logique de gros élevages, et recherchent des cheptels de 10000 têtes clé en main », ajoute François Viel. L’investissement dans la formation ou l’accompagnement des hommes n’est pas à l’ordre du jour. La filière porcine n’est guère en meilleure posture. Elle ne représente aujourd’hui plus que 69 % de la consommation contre 74% quatre ans auparavant. Seule la volaille s’en sort un peu mieux, avec une production affichant un taux de croissance de 15 à 20 %, selon Ikar.
Photo : La Russie peine à développer les activités d’élevage, et faute de logistique, elle est contrainte à exporter ses céréales.
Une compagnie ferroviaire qui pourra un jour changer la donne
Le coût d’entretien du matériel est trop élevé et le transport insuffisamment optimisé, entraînant des immobilisations inutiles et une sous-utilisation globale du réseau et du matériel. Depuis le 13 août, une nouvelle compagnie privée, RusAgroTrans, s’est mise en place pour se consacrer exclusivement au transport de grains. Elle veut développer les voies permettant d’exporter les grains, réduire de moitié le temps de rotation des trains, utiliser des wagons plus larges pour le marché domestique.