
Les producteurs sont très amers, dans la situation actuelle", explique Philippe Raison, président du Syprolap. Les éleveurs ont subi la hausse du prix de l'aliment alors que les prix de vente se sont tassés. "Depuis le printemps, nous avons fait des efforts de maîtrise de la production en réduisant de 5 % les volumes mis en marché par rapport à 2007. Cette décision a augmenté nos coûts de 9 à 10 cts/kg, mais cela n'a servi à rien, les prix ne remontent pas".
Pas de retour
En effet, les cotations ne décollent pas, malgré la baisse des volumes, décidée au sein de l'interprofession (producteurs et abattoirs). Le groupement Celtalliance a ainsi baissé ses volumes de 12 % et le Syprolap de 7 à 8 %, par rapport à 2007. "Nous avons respecté le contrat moral, sans avoir de retour". Le marasme actuel semble lié à une baisse de la consommation.
Comme les autres viandes, le lapin est soumis aux aléas de la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs. "Peu visible dans les linéaires, le lapin a peut être moins d'atouts que d'autres produits. Le consommateur n'y pense pas. Des actions de communication ont été engagées sur les radios, par le Clipp, elles doivent encore être développées", estime Eric Guillermic, directeur de Celtalliance-Syprolap.
2 à 2,20 euros/kg
À court terme, l'enjeu se situe au niveau des cotations. "Mi-septembre, le lapin se vendait 1,696 euro/kg après avoir connu 12 semaines à 1,340 euro. Il faudrait 2 euros à 2,20 euros pour payer correctement les charges et dégager une rémunération", ajoute Pierre-Arnaud Wacquez.
Les trésoreries se dégradent et des producteurs arrêtent. On manque de visibilité sur les perspectives dans les 3 à 4 mois qui viennent. Et pourtant la filière a des atouts. "Le parc de bâtiments est récent ou a été rénové, selon le concept Duo (tout plein, tout vide). Les efforts réalisés depuis 10 ans ont permis une amélioration des performances techniques, du statut sanitaire, par la conduite en bandes, l'insémination,… L'élevage du lapin s'est réellement modernisé", déclare Gaël Le Houédec.
Trésoreries à plat
Son image reste bonne au niveau des consommateurs. La filière bretonne en a eu la confirmation, lors des animations de Brest 2008. C'est une viande reconnue au niveau diététique.
Septembre, c'est la période de reprise de la consommation du lapin. "On espère un coup de pouce dans les cotations et plus de transparence au niveau des organisations de production", confie Philippe Raison. "Compte tenu de leurs difficultés de trésorerie, les éleveurs ne peuvent pas supporter le maintien du décalage entre le prix payé et le coût réel de production. C'est l'avenir de l'élevage dans le Grand Ouest qui est en jeu".
Patrick Bégos
Photo : Les responsables de Celtalliance, du Syprolap et de Sanders, réunis autour de Philippe Raison, président du Syprolap (à droite).