
L'agrandissement de l'élevage du Gaec du Millier à Beuzec Cap-Sizun est à l'origine de la restructuration des bâtiments. La partie naissage a été refaite à neuf, selon les normes bien-être, notamment pour la partie gestante. Les 350 truies bénéficient de conditions d'élevage éprouvées dans les pays du nord de l'Europe: système d'alimentation au DAC et gestion du troupeau en grand groupe dynamique. « Notre choix s'est porté sur ce système en raison des conditions de travail. C'était notre priorité », déclare André Sergent, en charge de l'atelier porc. « La main d'oeuvre est chère et de plus en plus difficile à trouver. Avec 250 truies, le suivi de l'atelier nécessitait 1,5 UTH. L'objectif est de conserver la même charge de main d'oeuvre sur la nouvelle structure ». Et de tendre ainsi vers les ratios de productivité des élevages des pays Nordiques.
Gains de temps
Les gains de temps sont à mettre au crédit de la fonctionnalité des deux nouveaux bâtiments. Le premier regroupe la verraterie (en cases bloquées), les quatre salles de maternités, les six salles de PS, le bureau et la quarantaine. Le second compte 264 places de gestantes sur paille. « Les déplacements d'animaux sont rapides et agréables » poursuit André. « Les truies ont l'habitude de se déplacer. Leur comportement est différent. La qualité du travail s'en ressent ». Un discours de plus en plus entendu et qui semble faire l'unanimité chez les éleveurs qui ont devancé l'obligation d'élever en groupe.
Les truies sont menées dans le bâtiment gestante dès la fin des inséminations. Les bagarres au moment des mélanges, toutes les trois semaines, sont peu nombreuses. « En quatre mois, aucune truie n'a été conduite à l'infirmerie », se réjouit l'éleveur. Les retours sont gérés par le détecteur de chaleurs. « Les truies ont un contact visuel avec un verrat. Si elles retournent en chaleur, elles vont à son contact. L'appareil les signale à l'ordinateur si l'immobilisation est anormalement longue. Un marquage visuel est également effectué». Finis le passage du verrat dans le couloir, les échographies et le raclage derrière les animaux. Reste la vaccination. Le tri automatisé de la bande facilite l'opération.
Cochettes et multipares ensemble
Les cochettes s'habituent au DAC pendant quelques jours, sur une station qui peut être isolée par un jeu de barrières, avant d'être mélangées aux multipares. « Je pense installer une station fictive dans la quarantaine pour les habituer à ouvrir les portes et à circuler dans la stalle ». Six stations, disposées en épis au bout du bâtiment, sont disponibles pour l'alimentation des gestantes. Quatre courbes alimentaires sont programmées à l'ordinateur selon l'état des truies (mesures aux ultrasons à la sortie de verraterie).
Laveur d'air et pompe à chaleur
Le bloc verraterie, maternités, post sevrage est équipée d'une ventilation centralisée. Un laveur d'air est installé en sortie de gaine. Une pompe à chaleur récupère les calories de l'eau de lavage, montée à 25°C. A la sortie du compresseur, l'eau, à 60°C, est transférée vers les plaques chauffantes en maternités et vers deux aérothermes mobiles dans la salle de PS où les porcelets sont les plus jeunes. Une restructuration qui répond aux normes de Bien-être des éleveurs et des animaux, aux impératifs de la rentabilité économique et à la demande sociétale.
Bernard Laurent
Photo : Au Gaec du Millier, les truies n'ont plus rien à envier à la centaine de vaches laitières de l'exploitation. Une porte ouverte a été organisée vendredi dernier avec l'appui du groupement Coopagri Bretagne.
947 euros la place de gestante
La gestante comprend 1,26 m2 de surface paillée par truie et un couloir sur caillebotis. Les six Dac distribuent 2 aliments selon les préconisations des nutritionnistes du groupement Coopagri Bretagne. La ventilation du Bâtiment est statique (deux rideaux automatisés et 8 cheminées). L'investissement est de 250 000 euros au total pour les 264 places soit 947 euros la place (à comparer aux 1400 euros de la place dans un système réfectoire-courette).
12 hectares de paille
Conçu pour alléger la charge de travail, le bâtiment gestante est pourtant sur paille. Les éleveurs craignaient l'humidité des caillebotis. La paille n'occasionne pas, selon eux, de charge de travail supplémentaire. La majorité de la paille est consommée par les truies.
3 rounds de 300 kilos sont apportés une fois par semaine. L'aire paillée, scindée en trois parties communicantes, ne sera curée qu'une fois par an. Le couloir de circulation, une fois par semaine. La faible quantité de fumier accumulée en quatre mois d'utilisation du bâtiment en atteste. Une douzaine d'hectares de céréales à paille suffisent au confort des gestantes.