
Alors que vont s’engager les discussions au sein de l’interprofession, dont elle rappelle qu’elle est exclue, la Confédération exige d’abord « le versement immédiat des 27 euros dus sur les livraisons des mois d’avril, mai et juin ». Quant à la négociation pour le dernier trimestre, elle doit, selon elle, s’engager en intégrant l’évolution des coûts de production des éleveurs. « Concrètement si l’on se réfère aux données de l’Institut de l’Elevage, cette évolution doit aboutir à une augmentation pour le dernier trimestre 2008 de 73 euros pour 1000 litres ».
Des interprofessions pluralistes
La Confédération a aussi choisi de poursuivre sa démarche de requête en annulation contre la décision de la DGCCRF d’interdire au Cniel d’effectuer des recommandations aux entreprises pour la fixation du prix du lait. « Pourquoi ce rappel à l’ordre aujourd’hui ? ». Persuadée qu’il ne s’agit pas de se protéger d’une sanction communautaire, mais bien d’une volonté des pouvoirs publics d’actionner un levier qui peut infléchir la baisse du pouvoir d’achat.
Ces prises de positions visent donc à peser sur les négociations qui vont se poursuivre. Mais l’objectif du syndicat reste évidemment d’intégrer les interprofessions, dont il estime « qu’elles ne peuvent être crédibles que dans le pluralisme ». Surtout qu’il exprime quelques craintes. Ainsi la Confédération est hostile à l’abandon des pénalités de fin de campagne. « Ce serait un signe d’encouragement à ceux qui augmentent leur production inconsidérément et participent aujourd’hui à l’encombrement des marchés ». De même, pas question d’accepter une gestion des volumes confiée aux seules entreprises laitières. « La maîtrise publique doit être privilégiée ». Considérant en outre que « la meilleure réactivité c’est à la fois l’adaptation de l’offre à la demande et l’adaptation du prix payé au producteur, au prix de revient ».
Pierre Dénès
Photo : Les responsables lait de la Confédération ont affirmé les positions du Grand Ouest pour les prochaines négociations.