
Il manque l’équivalent de la production de 200 verrats en Bretagne », déclare Christophe Jehannin, directeur adjoint des départements porc et lapin de Genes Diffusion . « Une bonne partie des doses de semence diffusées sur l’Est de la région provient du CIA de Niort ». Partant de ce constat et compte tenu de la progression du nombre de doses commercialisées par le groupe en Bretagne, les dirigeants ont pris la décision de se doter d’un outil performant au plus près du marché. « Malgré un marché français de l’insémination porcine en régression régulière ces dernières années, nous enregistrons une croissance globale de 18% de ventes de doses sur les trois dernières années dont 32% sur la zone Bretagne », se réjouit Christophe Jehannin.
Le confort du verrat
Huit mois ont été nécessaires pour construire le CIA de Brocéliande, sur les hauteurs de Campénénéac. La verraterie de 3800 m2 est située à l’emplacement d’un ancien élevage. 580 m2 de laboratoires et de bureaux sont attenants, ainsi qu’une salle de visite. Les installations intègrent les paramètres de biosécurité les plus stricts. Deux quarantaines sont situées à 5 et 10 kilomètres du centre. Les 436 verrats, provenant de diverses unités de sélection, seront élevés sur sciure de bois dans des cases de 6 m2 répondant aux normes bien-être. « L’objectif est de produire 600 000 doses par an correspondant à 100 000 truies inséminées, soit l’équivalant de 14% du cheptel breton environ », poursuit le directeur adjoint.
La salle de prélèvement est équipée de plusieurs postes de collecte automatisée (collectis). Seize postes sont répartis autour de deux fosses de collecte. (Seize mannequins équipés d’un automate pour recueillir la semence). « Le travail de l’opérateur dans la fosse consiste simplement à stimuler le verrat et à insérer la verge dans le collectis. Il peut ensuite s’occuper d’un autre verrat ». Le gain de temps est appréciable. « Ce procédé est efficace et garantit une haute qualité bactériologique de la semence récoltée ». Le laboratoire est doté d’un analyseur d’image de nouvelle génération permettant une analyse complète et fiabilisée de la semence avant conditionnement. Les doses seront produites sous technologie Gemix, basée sur une encapsulation de la semence, qui confère aux spermatozoïdes une efficacité de plus de 36 heures.
En production à la mi-octobre
14 personnes travailleront à temps plein sur le site en période de croisière. « Une centaine de verrats arriveront vers la mi-octobre. Ils sont déjà en quarantaine. Pour la fin de l’année, 250 verrats devraient être opérationnels. L’effectif sera complété dès le début 2009 ». Le nouveau CIA de Campénéac s’ajoutera donc aux deux centres existants de Rosnoën (29) et du Moustoir (22) et aux cinq centres partenaires. Il desservira essentiellement les départements du Morbihan, d’Ille-et-Vilaine, de Mayenne et de la Manche.
Bernard Laurent
Photo : Les verrats disposeront de 6 m2 chacun sur sciure de bois
Le Groupe Genes Diffusion
•2 500 000 doses de semence porcine produites dont
•2 000 000 en France
•1 100 000 doses de semence de lapins produites
•1 200 juments inséminées
•1 000 000 de doses bovines exportées
•190 taureaux Holstein et 35 taureaux charolais testés
•11 700 embryons transférés
•40 millions de chiffre d’affaires (hors coopératives adhérentes)
•200 salariés (hors coopératives adhérentes)
L’activité porcine Genes Diffusion
en quelques dates
1970 démarrage de l’activité
1994 mise sur le marché d’une semence « longue conservation »
1995 mise sur le marché du Blister (IA par pression)
1999 mise sur le marché du Gedis (sonde et semence couplées)
2001 mise sur le marché du Gedil (dilueur allongeant la durée de vie des spermatozoïdes)
2002 utilisation du collectis (collecte automatique des verrats)
2008 mise sur le marché du Gemix (une IA garantit 36 heures de pouvoir fécondant)