
Après plusieurs années de revenus en baisse, dûes à des difficultés dans la maîtrise de l'alimentation et du sanitaire, les éleveurs de dindes constatent, en 2008, une amélioration de leur rentabilité. Les données de l'enquête de la Chambre d'agriculture montrent en effet une progression des marges PA et des marges brutes. Au premier semestre 2008, les marges brutes atteignent en effet 30,50 euros/m2/an contre 21,90 euros durant la campagne 2006-2007. Les performances se sont améliorées, les mortalités et les saisies ont diminué et les revenus progressent malgré la hausse sensible des charges."Cette embellie dans les rémunérations, attendue depuis longtemps par les éleveurs, doit permettre de rénover les outils de production", souligne Patrick Huon, président du Cidef.
Moins d'achats
La dinde souffre malgré tout d'une concurrence de la part des autres viandes et elle doit retrouver de la compétitivité. "Les achats des ménages ont en effet reculé de 8,3 % au cours des 7 premières périodes de 2008. Les découpes et produits élaborés ont été pénalisés au printemps et durant l'été par une météo peu propice. La hausse des prix de détail dans les GMS n'a pas favorisé les achats", précise Gilles Le Pottier, délégué général du Cidef. Les prix de l'escalope de dinde auraient ainsi augmenté de 17,3 %, tous circuits confondus, en un an. "La grande distribution ne doit pas attendre de nous des efforts supplémentaires, car nous n'avons pas passé toutes les hausses liées aux matières premières", estime Gilles Dréan, directeur de Ronsard.
Être plus compétitif
En 10 ans, la production de dindes a baissé d'un tiers en France. La consommation s'est tassée, même si elle reste stable depuis 3 à 4 ans. Ce sont surtout les exportations qui ont chuté, de plus de moitié en 5 ans. Elles ne dépassent pas 150 000 t. contre plus de 300 000 t., dans les années 2000-2001. L'Allemagne, l'Italie et le Royaume Uni ont développé leur propre production et font entrer des produits importés à faibles droits de douane. "Nous devons améliorer notre compétitivité pour maintenir nos marchés", déclare G. Le Pottier.
Les farines animales
L'amélioration de la compétitivité passe par la réintroduction des graisses animales dans les aliments dindes. "L'interprofession a pu constater récemment en Italie l'intérêt zootechnique de leur réintroduction dans les rations," souligne Gilles Le Pottier. Mais les fabricants d'aliment français demandent à être sécurisés, grâce à des méthodes de contrôle des résidus de protéines éprouvées et fiables, car il ne veulent pas être accusés à tort de pratiques illégales. Des recherches sont également en cours pour apporter des solutions de prévention à des problèmes comme l'histomonose. L'objectif est de mieux connaître le vecteur de contamination et de valider une molécule efficace afin de prévenir la maladie.
Patrick Bégos
Photo : Les responsables du Cidef. De gauche à droite : Gilles Dréan, Gilles Le Pottier et Patrick Huon.
Être plus compétitif
En 10 ans, la production de dindes a baissé d'un tiers en France. La consommation s'est tassée, même si elle reste stable depuis 3 à 4 ans. Ce sont surtout les exportations qui ont chuté, de plus de moitié en 5 ans. Elles ne dépassent pas 150 000 t. contre plus de 300 000 t., dans les années 2000-2001. L'Allemagne, l'Italie et le Royaume Uni ont développé leur propre production et font entrer des produits importés à faibles droits de douane. "Nous devons améliorer notre compétitivité pour maintenir nos marchés", déclare G. Le Pottier.
Les farines animales
L'amélioration de la compétitivité passe par la réintroduction des graisses animales dans les aliments dindes. "L'interprofession a pu constater récemment en Italie l'intérêt zootechnique de leur réintroduction dans les rations," souligne Gilles Le Pottier. Mais les fabricants d'aliment français demandent à être sécurisés, grâce à des méthodes de contrôle des résidus de protéines éprouvées et fiables, car il ne veulent pas être accusés à tort de pratiques illégales. Des recherches sont également en cours pour apporter des solutions de prévention à des problèmes comme l'histomonose. L'objectif est de mieux connaître le vecteur de contamination et de valider une molécule efficace afin de prévenir la maladie.
Patrick Bégos