
Lors du Space 2007, Marcel Corman, président de l’UGPVB, et Fortuné Le Calvé, président du CRP annonçaient leur ferme volonté d’aller rapidement vers une refondation de l’organisation porcine régionale. Elle devait notamment se concrétiser par la mise en place d’un Comité économique régional porcin. Force est de constater que les choses ne sont pas allées aussi vite que le souhaitaient les deux responsables. D’abord parce que la législation a évolué, mettant fin aux comités économiques tels qu’ils existaient dans d’autres secteurs (par exemple dans le secteur légumier), ensuite parce que la restructuration de la filière porcine s’est considérablement accélérée.
Pour autant, CRP et UGPVB ne baissent pas les bras et lors du Space 2008, ils sont revenus à la charge. Les restructurations vers l’aval sont pour eux autant de menaces pour des outils comme le MPB ou Uniporc. De fait, ils affirment leur volonté de disposer d’une structure forte en amont.
Le maillon production de l’interprofession
Désormais, il est question d’AOP (associations d’organisations de producteurs), mais là non plus, cela n’avance pas très vite, et des divergences de vue apparaissent. Certains Bretons ont le sentiment que les instances parisiennes voudraient garder pour elles le pouvoir de décider, ne laissant aux régions que le rôle ingrat d’exécuter.
Fortuné Le Calvé et Marcel Corman plaident pour une instance régionale, sans doute élargie à un grand bassin de production, Bretagne, Pays de la Loire, Normandie. Cette structure deviendrait en fait le maillon production de l’interprofession. L’aboutissement d’un tel projet ne paraît cependant pas évident dans le contexte actuel de regroupements avec une réduction du nombre des acteurs, dont certains fortement engagés dans l’aval. Il faudra en outre que chacun y trouve la place, groupements de producteurs, syndicalisme, Chambre d’agriculture …
CRP et UGPVB ont profité de cette communication pour revenir sur la conjoncture. « Plus favorable, elle ne doit pas masquer la situation délicate des éleveurs ». Soulignant qu’avec le prix actuel, 40 % des éleveurs seraient encore en dessous du prix de revient. Une crise de 18 mois qui a considérablement altéré la trésorerie et l’endettement des producteurs. « 35 % ont une trésorerie négative supérieure à 900 euros par truie ». Ils attendent un réajustement du prix de l’aliment suite à la baisse du coût des matières premières. Et réaffirment la volonté professionnelle de voir se mettre en place rapidement « un observatoire des prix et des marges ». Se refusant d’être des otages du pouvoir d’achat.
Pierre Dénès
Photo : Marcel Corman, président de l’UGPVB, et Fortuné Le Calvé, président du CRP