
Il s'est fait attendre mais il est enfin arrivé, le fameux vaccin contre la FCO. Pour la fourniture des doses qui concerne le département, c'est un second laboratoire (Fort Dodge) qui a été appelé à la rescousse, la production du premier laboratoire (Intervet) s'étant avérée insuffisante. Le vaccin Fort Dodge nécessite, comme celui d'Intervet, deux injections à trois semaines d'intervalle, l'immunité des animaux devant intervenir 25 jours après la seconde injection (même s'il semblerait que la première injection apporte déjà une certaine sécurité). Il a la particularité d'être introduit par voie intra-musculaire.
Vaccination partielle
Le département des Côtes d'Armor a fait le choix – unique en France – de réaliser une vaccination partielle de ses élevages. Il s'agit de vacciner en commençant par la zone située sous une ligne Plancoët-Quintin-Maël Carhaix (voir carte). Dans ce secteur, 65 % des animaux des clientèles seront vaccinés, soit ce que les spécialistes appellent une bonne couverture vaccinale. Leur objectif, en procédant de la sorte, est de constituer un "bouclier" à l'avancement de la maladie, puisqu'elle progresse à partir de l'Ille-et-Vilaine. D'aucuns diront que les Côtes d'Armor agissent, là, comme la France aurait dû le faire en 2008 pour éviter la progression de la maladie. Mais l'heure n'est plus au débat sur la question.
En faisant ce choix de stratégie vaccinale, les responsables professionnels se basent sur l'hypothèse selon laquelle les Côtes d'Armor se trouvent en "année 1" de FCO, c'est-à-dire avec des animaux n'ayant pas encore rencontré le virus. "C'est le cas du Morbihan, contrairement à celui de l'Ille-et-Vilaine (qui avait déjà connu 1 cas en 2007), explique Patrick Le Provost, directeur de l'UBGDS. En 2008, les deux départements ont rencontré leur premier cas de FCO le même jour. Très semaines plus tard, il y en avait 7 dans le Morbihan, et 173 en Ille-et-Vilaine. Nous espérons être dans la situation du Morbihan."
Bon esprit requis
Dans un premier temps, 146 000 bovins seront donc vaccinés dans le département, autant que le permet le nombre de doses reçues. "Ensuite, nous retournerons à la charge pour obtenir le reste de doses nécessaires", indique Louis Blandel, président du GDS 22. Les professionnels comptent donc sur la bonne coopération de tous les éleveurs pour que l'opération se passe bien, tout en étant conscient que dans certaines situations (bovin viande), la vaccination ne sera pas une partie de plaisir vu la difficulté de rassembler ses bovins. Ils seront, par ailleurs, attentifs aux tarifs des prestations appliqués sur le terrain. Un ensemble de conditions qui devrait donc assurer le succès de l'opération.
Anne-Laure Lussou
Photo : Afin de constituer un "bouclier", ce sont les élevages situés sous une ligne Plancoët-Quintin-Maël Carhaix qui sont vaccinés en premier.
Désinsectisez en attendant que le vaccin protège vos animaux
Le vaccin est arrivé chez les vétérinaires de la moitié Sud des Côtes d’Armor. Il faut vacciner les bovins dès que possible, et il faudra attendre 50-60 jours après la première injection pour avoir un troupeau protégé contre le virus.
En attendant ce délai, le virus qui arrive par l’Est de la Bretagne peut toucher votre canton ;en effet il progresse de 20 kilomètres par semaine depuis le mois de juin où il infectait la Sarthe ! La désinsectisation de vos bovins et de vos bâtiments peut diminuer la gravité de la maladie et le nombre de malades qui sont dépendants du nombre de piqûres de Culicoïdes : En détruisant des insectes vous diminuerez la charge de virus auxquels vos bovins sont exposés. Pour traiter les animaux, il existe des produits à pulvériser (coût intéressant) et des produits "Pour-on", jugés plus pratiques par beaucoup : Consultez votre vétérinaire et agissez, spécialement si vous êtes dans les zones menacées par le virus. (communiqué FGDS 22)