
C’est avec le sourire que le 3 septembre, devant plusieurs journalistes, Michel Barnier évoquait le dossier de l’assurance récolte. La subvention publique serait financée sur le premier pilier de la Pac ; la part européenne pourrait représenter jusqu’à 2/3 de l’incitation globale. Mais Bruxelles veut conditionner cet effort à une participation des organismes professionnels eux-mêmes. Ainsi, rappellent le ministre et ses collaborateurs, le mécanisme de prévention des risques climatiques reposerait sur trois piliers : l’assurance récolte soutenue par l’Etat et l’Europe ; la dotation pour aléas bénéficiant, au niveau de chaque exploitation, d’une défiscalisation améliorée ; une démarche interprofessionnelle pour l’indemnisation des risques sanitaires. Bruxelles aurait également donné son feu vert sur ce dernier volet.
Les professionnels dans l’attente
Les décisions politiques du ministère sont attendues avec impatience par les professionnels. Pour Robert Drouet, vice-président de Groupama, trois points doivent aujourd’hui être tranchés avant d’aller plus loin. D’une part, l’État doit s’engager de manière forte et pérenne. D’autre part, la création d’un système de réassurance publique paraît indispensable à la généralisation du dispositif. Et enfin, les règles du basculement des cotisations du FNGCA (Fonds national de garantie des calamités agricoles) vers l’assurance récolte doivent être établies, l’objectif étant d’éviter que les deux fonds couvrent les mêmes aléas. Groupama affirme détenir aujourd’hui 95% du marché de l’assurance récolte, ce qui, en 2007, a représenté 3,3 millions d’hectares répartis chez 63000 agriculteurs. Le groupe se considère dans une démarche expérimentale depuis 2005, année de lancement de l’assurance.
Photo : L’assurance multirisque climatique récolte proposée par Groupama coûte en moyenne 17 euros par hectare dont un tiers est pris en charge par l’Etat.
17 euros par hectare
L’assurance multirisque climatique récolte proposée par Groupama coûte en moyenne 17 euros par hectare dont un tiers est pris en charge par l’Etat. Celui-ci peine à débourser les sommes promises, et n’a réglé le solde dû pour 2005 qu’au début de l’été. De 2005 à 2007, Groupama estime avoir versé plus de 125 millions d’euros d’indemnisation sur 30 000 sinistres à ses clients. L’opération ne semble pas tout à fait rentable pour l’entreprise mais répond à une volonté politique du groupe.