
Depuis une dizaine d’années, la consommation mondiale de céréales est supérieure à la production. Les stocks baissent. La production record de 2007 n’a pas suffi à éviter une flambée des prix. La production de bioéthanol ou la spéculation récente sur les denrées alimentaires n’expliquent pas le phénomène. Pour Pascal Mainsant, économiste à l’Inra, l’explication est plus simple : « La demande s’accroît fortement sous l’effet conjugué de la démographie et de l’augmentation du pouvoir d’achat ». L’utilisation mondiale des céréales dans l’alimentation humaine et animale est en constante progression. Les agrocarburants, qui consomment 3% de la production mondiale, accentuent la demande. Dans le même temps, l’augmentation de la production s’essouffle. « L’offre mondiale de céréales augmente mais uniquement par les rendements dans certains pays », déplore Pascal Mainsant. La surface agricole est limitée et n’augmentera plus beaucoup. Le stock mondial de blé et de céréales fourragères, qui a baissé de 200 millions de tonnes en 8 campagnes, aura du mal à retrouver son niveau d’avant 2000 même si des efforts conséquents en matière de stockage pourraient limiter les pertes après récolte dans les pays émergents.
L’effet revenu
Si la consommation de céréales augmente, que dire de celle des viandes ? « Elle a doublé depuis 1990. Le porc et surtout la volaille. Et ce sont ces monogastriques qui mangent des céréales ». La croissance économique, proche de 10% dans les pays émergents, dope la demande. L’effet revenu sur la consommation de viande est marqué. « Aux Etats Unis, la consommation de viande par habitant atteint 120 kilos. Nous n’en sommes pas loin en Europe. En Chine, elle est de 50 kilos environ dont 37 pour le porc. Elle est moindre dans la majorité des pays émergents ». La Chine est actuellement neutre sur le marché de la viande. Elle n’importe ni exporte. Elle produit cependant beaucoup et sera un importateur croissant de soja, d’oléagineux et de céréales, faute de terres arables supplémentaires pour produire. Les organisations de développement prévoient 60 millions de tonnes de céréales importées en 2015. Ce phénomène aura des conséquences sur le marché et notamment sur la volatilité des prix.
Moins de viandes consommées dans les pays riches
Les 9 milliards d’habitants en 2050 avec un pouvoir d’achat accru pour 4 à 5 milliards d’entre eux consommeront de la viande et notamment des viandes de monogastriques. « Je ne crois pas au remplacement de la protéine animale par de la protéine végétale. N’en déplaise aux belles âmes, c’est le contraire qui s’est toujours produit. Quand on s’enrichit, on consomme plus de viande. Ce phénomène n’est pas près de s’inverser car personne n’empêchera les Chinois de manger de la viande ». A moyen terme, les prix de vente du porc et de la volaille augmenteront. La baisse de consommation devrait être progressive dans les pays riches. Les problèmes d’éthique ou de santé accentueront le phénomène. Une consommation en baisse dans les pays riches, une augmentation dans les pays pauvres. Un rééquilibrage s’opérera. La production non écoulée sur le marché intérieur s’exportera. « Ce n’est pas la consommation française qui influera sur les prix. Les pays riches exporteront vers les pays émergents. La production continuera de s’écouler ». Malgré les inconnues liées à l’irrigation, à l’utilisation de produits phytosanitaires ou d’organismes génétiquement modifiés, l’économiste se veut optimiste pour les producteurs : « Compte tenu des perspectives en céréale ou en viande, il est permis de tabler sur une rentabilité croissante de l’activité agricole ».
Bernard Laurent
Photo : Pascal Mainsant, économiste à l’Inra, lors d’une conférence au Space, mardi dernier, organisée par l’Ifip.
L’effet revenu
Si la consommation de céréales augmente, que dire de celle des viandes ? « Elle a doublé depuis 1990. Le porc et surtout la volaille. Et ce sont ces monogastriques qui mangent des céréales ». La croissance économique, proche de 10% dans les pays émergents, dope la demande. L’effet revenu sur la consommation de viande est marqué. « Aux Etats Unis, la consommation de viande par habitant atteint 120 kilos. Nous n’en sommes pas loin en Europe. En Chine, elle est de 50 kilos environ dont 37 pour le porc. Elle est moindre dans la majorité des pays émergents ». La Chine est actuellement neutre sur le marché de la viande. Elle n’importe ni exporte. Elle produit cependant beaucoup et sera un importateur croissant de soja, d’oléagineux et de céréales, faute de terres arables supplémentaires pour produire. Les organisations de développement prévoient 60 millions de tonnes de céréales importées en 2015. Ce phénomène aura des conséquences sur le marché et notamment sur la volatilité des prix.
Moins de viandes consommées dans les pays riches
Les 9 milliards d’habitants en 2050 avec un pouvoir d’achat accru pour 4 à 5 milliards d’entre eux consommeront de la viande et notamment des viandes de monogastriques. « Je ne crois pas au remplacement de la protéine animale par de la protéine végétale. N’en déplaise aux belles âmes, c’est le contraire qui s’est toujours produit. Quand on s’enrichit, on consomme plus de viande. Ce phénomène n’est pas près de s’inverser car personne n’empêchera les Chinois de manger de la viande ». A moyen terme, les prix de vente du porc et de la volaille augmenteront. La baisse de consommation devrait être progressive dans les pays riches. Les problèmes d’éthique ou de santé accentueront le phénomène. Une consommation en baisse dans les pays riches, une augmentation dans les pays pauvres. Un rééquilibrage s’opérera. La production non écoulée sur le marché intérieur s’exportera. « Ce n’est pas la consommation française qui influera sur les prix. Les pays riches exporteront vers les pays émergents. La production continuera de s’écouler ». Malgré les inconnues liées à l’irrigation, à l’utilisation de produits phytosanitaires ou d’organismes génétiquement modifiés, l’économiste se veut optimiste pour les producteurs : « Compte tenu des perspectives en céréale ou en viande, il est permis de tabler sur une rentabilité croissante de l’activité agricole ».
Bernard Laurent