Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Ovins | Article n°8691 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 01 juin 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Huguette et Thierry Simon, St Méen-le-Grand (35) / Les brebis complètent l'atelier laitier
 

ÀSt Méen-le-Grand, Huguette et Thierry Simon se trouvaient limités dans leurs moyens de production, avec 280 000 L de lait, des génisses et un atelier de taurillons. "Une production complémentaire, ou un travail à l'extérieur étaient les deux solutions possibles", explique Huguette. La production de foie gras avec des horaires très cadrés n’a pas été retenue. Ils visitent plusieurs ateliers ovins, participent à des portes ouvertes.
"La production ovine nous a séduits, y compris les enfants. Nous avons étudié le projet au niveau technique et économique. La production nous est apparue très complémentaire des vaches laitières. Sans achat de matériel supplémentaire, l'alimentation pouvait se mécaniser facilement", résume Thierry. Le choix s'est porté sur la production d'agneaux de bergerie avec une intensification de la conduite d'élevage.

Un bâtiment fonctionnel

Le logement des animaux influe les conditions de travail. "Après avoir pensé utiliser un bâtiment existant, nous avons construit un bâtiment neuf". Ce bâtiment de 30 m x 15 m comporte un couloir central de 4 m et de chaque côté de quoi loger 2 lots de 100 brebis. La désileuse accède facilement, ce qui permet de mécaniser l'alimentation et le paillage.
Le bâtiment est clair, grâce au bardage à claire-voie. Les aménagements sont astucieux avec des cases d'agnelage, des abreuvoirs réglables en hauteur, des cornadis pour bloquer les animaux, un magasin de 30 m2. La charpente a été construite par entreprise et les aménagements ont été réalisés par l'exploitant. "En apportant des facilités pour la mise en lots, l'alimentation, la surveillance des agnelages, ce bâtiment est certainement un élément clé dans la réussite de l'élevage", estime Alain Gouédard, de la Chambre d'Agriculture d'Ille-et-Vilaine.

Un cheptel sain et productif

Dès le départ, Huguette et Thierry ont fait le choix d'acheter un troupeau sain et de qualité. Le choix s'est porté sur la race Romane (ex Inra 401) pour sa prolificité et sa valeur laitière. Grâce à leur groupement Ovi-Ouest, ils ont pu acheter un lot de 196 agnelles, d'une seule origine, ce qui est une garantie au niveau sanitaire. Le renouvellement des brebis se fera, chaque année, par achat d'agnelles (40) dans un élevage de reproduction.
"Dans un atelier ovin, la rentabilité est surtout liée à la productivité", déclare Alain Gouédard. Le troupeau a été divisé en 2 lots avec 3 périodes d'agnelage par an : septembre, janvier et mai. À chaque période, un lot de 100 brebis agnèle. Chaque brebis devrait mettre bas en moyenne 3 fois en deux ans.  
La lutte naturelle se déroule sur 30 à 40 jours, avec 5 béliers de race Charolaise. À 70 jours, les brebis sont systématiquement échographiées. "Si elles ne sont pas pleines, elles passent dans le lot suivant, ce qui réduit les périodes improductives". Les agneaux sont sevrés vers 2 mois et demi et pesés ensuite chaque semaine. Le suivi par informatique et bientôt par Pocket Pc permet d'optimiser les poids à la vente. "Notre objectif est d'avoir 600 naissances par an et de vendre si possible autour de 550 agneaux par an".

Alimentation identique aux vaches

Les brebis taries sont en pâture. Elles mettent bas en bergerie et y restent 2 mois et demi pour nourrir leurs agneaux. Leur alimentation est calquée sur celle des vaches laitières, pour simplifier le travail et utiliser la même désileuse. Chaque brebis allaitante reçoit, par exemple, en hiver, 2 kg de matière sèche de maïs ou d'ensilage d'herbe, 500 g de soja, du foin et des minéraux.
Le troupeau de 200 brebis utilise environ 2,5 ha de maïs et 7 ha de pâture, ce qui équivaut à un chargement de 20 brebis/ha. "Au pâturage, on observe aussi une complémentarité entre bovins et ovins", ajoute Alain Gouédard. S'il y a trop d'herbe dans la parcelle clôturée de 7 ha, les génisses font un premier passage au printemps, suivi par les brebis. Dans cette prairie, il n'y a pas de refus.  
Les agneaux reçoivent un aliment démarrage dès 3 semaines puis sont engraissés avec des céréales et un aliment azoté complémentaire.  Les triplés sont nourris au biberon puis à la louve", précise Huguette. "Dès le départ, avec Ovi-Ouest, nous nous sommes engagés dans la certification des agneaux, soit CCP soit label". Sur la première année, 73 % des agneaux ont été certifiés (plus-value de 0,30 ou 0,60 euro/kg selon la période).    

L'organisation du travail

"Nous avons choisi d'être à deux sur tous les ateliers. Si l'un a un pépin, l'autre peut assumer", souligne Thierry "Nous essayons de ne pas avoir d'agnelage durant les périodes de pointes de travaux, par exemple les semis de maïs". L'alimentation du troupeau demande en moyenne 1 heure par jour, en bergerie. "Les périodes d'agnelage sont, bien entendu, les plus chargées. On y passe du temps", reconnaît Huguette mais les deux productions se complètent bien car la production ovine n'a pas d'horaires fixes.
Les deux éleveurs pensent qu'un bâtiment fonctionnel, un troupeau sain et productif, un suivi rigoureux et surtout la motivation pour le suivi de l'élevage sont les clés indispensables pour démarrer dans cette production.

Patrick Bégos

Photo : Un bâtiment clair et fonctionnel. Le couloir central d'alimentation sépare deux espaces paillés pour chacun 100 brebis.

De bonnes marges/ha


"Nous avons investi 95 000 euros dans cette production dont  30 000 euros de cheptel, 60 000 euros pour le bâtiment et 5 000 euros pour les clôtures et les barrières". Diverses aides (plan bâtiment, contention, conseil général) ont été versées pour 17 500 euros. Tous les éléments ne sont encore réunis pour calculer la marge brute ovine. Elle devrait se situer entre 1 700 et 2 000 euros/ha, ce qui est proche de celle de celle de l'atelier laitier. "Un atelier ovin productif doit dégager une rentabilitéle proche de celles des laitières. C'est un bon complément, sans besoin d'investissement spécifique en matériel", estiment Huguette et Thierry. 


EARL de Bahac, St Meen-le-Grand  

2 UTH
- SAU 91 ha
- Lait 280 000 L
- génisses de renouvellement
- 30 taurillons par an
- 200 brebis romane 



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 5 au 11 Septembre 2008
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)