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Veau de 8 jours : Les prix vont à vau-l'eau
 

Avec le démarrage de la saison des vêlages, le prix du veau de 8 jours s'effondre. L'événement était prévu depuis quelques mois, mais pas si rapide. Les semaines à venir ne s'annoncent guère encourageantes, car, comme l'on dit dans le milieu, "on attaque la montagne de veaux". Autrement dit, le pic des vêlages n'est pas encore atteint et le nombre de veaux à naître est plus élevé que les années passées. Nombreuses sont les vaches qui "ont fait un tour de plus" en prévision d'une hypothétique rallonge de quotas.

Pas assez de places pour les caser

Jean-Yves Pengam, négociant à Tréflaouénan, "ne se rappelle pas d'avoir vu aussi mauvaise conjoncture". Et d'ajouter : "La situation ne devrait pas s'améliorer de sitôt. Septembre s'annonce encore pire que la fin août. Pour ma part, je ne vois pas de remontée des cours avant mars car les sorties d'été en veaux de boucherie ont été mauvaises cette année ; les intégrateurs seront donc très prudents cet hiver". Responsable de cette atonie de la consommation, un prix de la viande élevé en grande partie lié au prix de la poudre de lait, le tout dans un contexte de baisse de pouvoir d'achat.
Beaucoup de naissances, moins de mises en place. Elles sont là les causes premières de la déprime qui touche le marché du veau de 8 jours. "De plus, on observe des retards de sorties dans les ateliers d'engraissement", note Gilbert Porhel, responsable d'ACV. "Certains lots sortent avec 4-5 semaines de retard", confirme Roger Talarmin, du Mol. "La fièvre catarrhale perturbe également le marché. La semaine dernière des veaux croisés ont été refoulés à la frontière italienne", a appris J.Y. Pengam.
Dans ce contexte, le mâle noir pesant moins de 45-42 kg n'a pratiquement plus de valeur commerciale. "Les intégrateurs ne veulent plus de veaux de moins de 10 jours d'âge", explique le responsable d'ACV qui incite les éleveurs à bien préparer leurs animaux pour qu'ils soient en "bonne santé et bien viandés".

Croisés extra et femelles laitières s'en sortent mieux

Dans cette morosité ambiante, seuls les veaux croisés catégorie extra tirent leur épingle du jeu. "C'est-à-dire les croisés Charolais et Bleu. Y compris les femelles extra croisées qui se négocient assez bien", observe le négociant de Tréflaouénan. Il n'en est pas de même pour les croisés Limousins, voire Blonds qui sont peu recherchés.
Reste que si les croisés passent à travers les mailles du filet, ils ne sont pas nombreux sur le marché. "Aujourd'hui, on est à 80 % de veaux noirs contre 50 % les années passées", observe Roger Talarmin, du Mol. La raison : Les perspectives de rallonge de quotas ont conduit les éleveurs à inséminer en Holstein pour avoir davantage de génisses laitières. Le marché de la petite génisse laitière se tient d'ailleurs relativement bien. De nombreuses transactions ont lieu directement entre éleveurs. Pour des prix allant de 150 à 200 € pour une femelle selon son gabarit et selon qu'elle est munie ou non d'une DN. Cette rétention de génisses augure toutefois quelques difficultés sur le marché de la génisse amouillante et la vache en lait en 2010-2011.
Face à ce marasme, des éleveurs semblent tentés de garder des mâles noirs plutôt que de les brader. "C'est le cas chez les éleveurs qui ont de la marge sur le plan environnemental. Dans les bassins versants, les éleveurs n'ont pas cette possibilité de garder davantage d'animaux", observe G. Porhel. Une autre voie envisagée par certains éleveurs est le recours à la semence sexée pour n'avoir que des femelles. Avec ce frein que sont le coût supplémentaire de l'IA, le nombre limité de taureaux disponibles sur le marché, la moindre fertilité… et la totale incertitude des marchés du veau de 8 jours, du lait et donc de la génisse amouillante dans les années à venir.


Didier Le Du

Photo : Mâle ou femelle ? Ce n'est pas le même tarif. Cette année, le prix de veaux a décroché plus tôt et avec une amplitude plus importante que les années précédentes. Faut-il rappeler que 100 € de moins par veau correspond à une moins-value de 13 €/1 000 l.

Engraisser ou pas ?

Faut-il garder les mâles noirs pour les élever ? "Si des éleveurs ont gagné de l'argent quand le veau était à 150 euros, voire à 250 euros, il n'y a pas de raison qu'ils n'en gagnent pas quand le veau est à 100 €", répond Marcel Boullier, du département viande bovine à Coopagri Bretagne.
Au-delà de cette approche empirique, Marcel Boullier conseille toutefois de calculer des marges prévisionnelles en fonction de l'évolution des différents cours (veau, céréales, JB, intrants). Et de donner quelques pistes : "En juin 2007, quand le veau était à 250 € et le JB à 2,20 , la perte de marge était de 250 €/ha en JB par rapport à des céréales. Aujourd'hui les données ont fondamentalement changé : à chaque fois que le prix du veau de 8 jours baisse de 10 €, la marge jeune bovin s'améliore d'emblée de 40 à 50 €/ha (150 € d'écart sur le veau de 8 jours = 600 €/ha de marge supplémentaire à raison de 4 JB/ha). Sans compter que le JB est aujourd'hui à 2,75 €/kg et qu'il n'est pas impossible qu'il monte encore".
Dans le nouveau contexte (faible prix du veau, JB mieux valorisé…), la marge supplémentaire par rapport à des céréales peut être évaluée entre 1 200 et 1 400 €/ha. "À condition de produire du bon JB noir de 350 kg environ". Tout en sachant qu'une rétention massive d'animaux peut peser sur les prix dans 1,5-2 ans. À condition que les éleveurs aient les structures et les droits à produire pour élever leurs animaux.
 



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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 11 Septembre 2008
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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