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Côtes d'Armor (22)
Trébrivan / Projet de maternité collective - La profession choquée par l’opposition systématique, se défend
 

C’est le projet contesté d’une maternité collective sur la commune de Trébrivan (canton de Maël-Carhaix) qui a conduit les responsables de la FDSEA et de la Chambre d’agriculture à affirmer  la position professionnelle sur ce type de réalisation, sans pour autant rentrer dans une polémique sur le dossier particulier.
« Nous sommes surpris que ce type de projet qui, pour nous, va dans  le bon sens suscite une opposition aussi passionnelle », explique Jean-Jacques Poëzévara, président de la FDSEA. Pour lui elle relève plus d’a priori sur la production porcine que d’une connaissance réelle de la production. S’interrogeant : « En Centre Bretagne si on enlève l’agriculture qu’est ce qui nous reste. Pas grand-chose ». Il rappelle que derrière l’agriculture et l’élevage, ce sont des emplois directs dans les ateliers, dans les outils d’abattage, de découpe et de transformation, mais aussi des emplois induits pour les artisans, les commerçants. « Si l’acte de production disparaît, l’agro-alimentaire disparaîtra et avec lui les emplois ».

Le  concept a fait ses preuves

Se voulant pragmatique, la profession s’appuie sur l’exemple d’une autre maternité collective sur la commune de Canihuel (canton de Saint Nicolas-du Pélem) pour expliquer le concept.
Jean-François Gauthier, éleveur sur la commune du Haut Corlay et actionnaire avec 5 autres éleveurs de cette maternité 980 truies qui emploie 5 salariés témoigne. « J’avais 112 truies NE jusqu’en 2002. La partie naissage devait être refaite ». Seul sur mon exploitation, il voulait, en outre, intégrer la dimension travail avec l’objectif de pouvoir se libérer.
Dans le même temps, les adhérents de la maternité collective recherchaient un associé supplémentaire, pour absorber un surplus de porcelets. Après réflexion et étude, il a pris des parts dans la structure. « J’ai trouvé une solution qui me convient à la fois sur le plan technique, économique et qualité de vie.  Car je n’ai plus la charge de toute la partie reproduction et naissage. Néanmoins je suis resté patron chez moi avec la partie post-sevrage-engraissement et cultures. Je peux prendre des congés, avoir des week-end allégés, et plus de possibilité de me faire remplacer ».
Jean-Pierre Le Bihan, responsable environnement de la Chambre d’agriculture, souligne que « sur le plan environnemental et unités d’azote, un atelier de 1000 truies naisseur, correspond à un atelier de 150 truies naisseur-engraisseur ». Jean-François Gauthier précisant que sur son exploitation, l’utilisation de lisier sur céréales et autres cultures lui a permis de ramener ses achats d’engrais minéraux de 15 tonnes à 5-6 tonnes. Il rajoute : « Certes près de 1000 truies sur un même site, cela peut paraître important. Mais ramené au nombre d’UTH, en comptant les 6 associés et les 5 salariés, cela relative la taille ».

Mois de pression environnementale

Un ensemble d’arguments qui étaye la position professionnelle pour contrer ceux qui s’opposent au projet de Trébrivan. Et avec qui la discussion est difficile. Les éleveurs concernés n’ont d’ailleurs pas pu s’exprimer lors de la réunion publique cet été. Car maternité collective ne veut pas dire augmentation de cheptel. « Il s’agit surtout de permettre une réorganisation pour à la fois résoudre des problèmes d’environnement, de mise aux normes bien-être, d’amélioration des conditions de travail ».
« D’autant, martèle Jean-Jacques Poëzévara, que le canton de Maël Carhaix a vu comme d’autres son potentiel de production fortement diminuer depuis le dernier RGA en 2000, notamment en volailles ». D’ailleurs le projet sur Trébrivan qui reprend le plan d’épandage d’un atelier de volailles est ramené de 17 000 unités à 13 000 unités. « La pression environnementale n’augmente pas mais au contraire diminue ». Ce qui conforte  la profession, particulièrement choquée.

Pierre Dénès

 

Photo : Jean-François Gauthier, associé de la maternité collective de Canihuel, Jean- Jacques Poëzévara, président de la FDSEA, Jean-Pierre Le Bihan, responsable environnement de la Chambre d’agriculture.


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Date de l'article : semaine du N° du 29 Août au 4 Septembre 2008
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