
Les cas de fièvre catarrhale explosent, en Bretagne. Ce mardi, 50 cas ont été recensés par les DSV bretonnes dont 46 en Ille-et-Vilaine et 4 en Morbihan. La semaine précédente, il n'y avait que 9 cas au niveau régional. "Les foyers progressent vers l'Ouest, atteignant St Avé, dans la banlieue de Vannes", précise Jean-Paul Le Dantec, de la DSV régionale. "Aucun cas n'est signalé, à ce jour, ni en Côtes d'Armor, ni en Finistère". En Ille-et-Vilaine, la situation pourrait s'aggraver dans les prochains jours, on dénombre en effet une vingtaine de cas supplémentaires de suspicion de FCO. "Dans les élevages infectés, il s'agit souvent d'un seul animal. Les symptômes décrits sont une ulcération au niveau de la bouche, des écoulements nasaux, une atteinte des trayons et de la fièvre", souligne Loïc Daniel, du GDS 22. Deux cas de mortalité de bovins ont quand même été recensés. Dans la grande majorité des élevages atteints, la vaccination n'a pas été effectuée.
50 % d'animaux vaccinés en Ille-et-Vilaine
La situation vis-à-vis des vaccins reste inchangée par rapport à la semaine dernière. "En Ille-et-Vilaine, la moitié du cheptel est vaccinée, nous attendons toujours la mise à disposition des vaccins (prévue pour début septembre), qui nous permettraient d'atteindre un taux de vaccination de 90 %", déclare Gilles Lavollée, président du GDS 35. Dans les trois autres départements bretons, les vaccinations n'ont pas démarré, les premiers vaccins sont attendus dans la première quinzaine de septembre. Le calendrier a toujours un mois de retard par rapport aux prévisions.
"Nous sommes dans l'urgence", déclare Louis Blandel, président du GDS 22 en soulignant que la problématique de la FCO n'a pas été comprise au niveau national. "Nous avons fait des efforts importants en organisant des réunions pour informer les éleveurs, dès juin. Les vétérinaires se sont mobilisés, certains ont embauché du personnel pour réaliser les vaccinations et nous nous heurtons à un retard dans la fabrication des vaccins".
Peu de transfert de vaccins
Ce qui met en colère les responsables, c'est la lenteur dans le transfert des vaccins non utilisés, d'une région à l'autre. En effet, dans certaines régions, les taux de vaccination n'ont pas dépassé 50 à 60 %, notamment en troupeaux allaitants. "Deux enquêtes ont été diligentées par la DGAL pour connaître les éventuels stocks de vaccins non utilisés", précise Eric Borius, directeur du GDS 35. "Nous n'avons aucune réponse sur le niveau de ces stocks et sur les raisons pour lesquelles, ces vaccins ne sont pas transférés en Bretagne". Pour les élus bretons, les 33 000 doses supplémentaires reçues en Ille-et-Vilaine, la semaine dernière, ne sont qu'une infime partie des stocks restants.
Mercredi, les élus bretons ont participé à une réunion à la DGAL. "S'il n'y a rien de positif, nous solliciterons le ministère de l'Agriculture. Il nous faut des réponses rapidement". Sur le terrain, les GDS poursuivent les visites des élevages concernés, avec les vétérinaires sanitaires, en particulier pour faire un bilan de situation de la santé du troupeau. Ces visites seront régulières pour mesurer l'impact de la contamination sur la production laitière, sur la fécondité, sur la croissance et l'engraissement des animaux.
Patrick Bégos
Photo : Les Services Vétérinaires ont enregistré 50 cas de FCO en Ille-et-Vilaine et Morbihan.
5 631 foyers en France
En un an, la situation a explosé en France. Le 22 août 2007, nous n'avions que 36 foyers sur l'ensemble du territoire national. Un an plus tard, nous en sommes à 5 631 foyers. En 2008, la maladie a démarré avec un mois et demi d'avance par rapport à 2007. On observe également un décalage par rapport aux autres pays européens. Dans les pays qui nous entourent, le nombre de foyers varie de 1 en Belgique à 72 en Espagne.