
Nous sommes inquiets, face à la progression rapide des foyers de FCO", souligne Louis Blandel, président du GDS 22, au nom de l'UBGDS. Huit foyers ont en effet été détectés en Ille-et-Vilaine et un dans le sud du Morbihan (voir liste des communes). "L'infection se poursuit vers l'Ouest, des élevages bretons sont atteints, sans que nous ayons pu vacciner le cheptel bovin régional".
Informer les éleveurs
Cette extension fait que la quasi-totalité du département d'Ille-et-Vilaine se trouve en "périmètre interdit" ainsi que 9 cantons du Sud du Morbihan. Compte tenu de la proximité de Cardroc, quelques communes des Côtes d'Armor sont également en périmètre interdit. "Les contraintes de ce périmètre concernent surtout le renforcement des mesures de désinsectisation. Les animaux "positifs" ne peuvent pas bouger durant un délai de 60 jours", précise Didier Vaucel, de la DSV 35. Dans huit élevages, les animaux ont présenté des signes cliniques. En présence de signes, le vétérinaire effectue une prise de sang pour la recherche du virus. Il n'y a pas, obligatoirement, mortalité des bovins mais baisse de production et de croissance.
"Les GDS ont engagé la visite des élevages touchés pour faire le bilan de la situation avec l'éleveur et l'informer le plus complètement possible sur la maladie et le dispositif d'aides prévu", déclare Loïc Daniel (GDS 22). Ces aides sont constituées de subventions de l'Etat pour les animaux morts ou euthanasiés (de 100 à 228 euros), auxquelles s'ajoutent d'autres aides complémentaires. La Caisse nationale de solidarité, mise en place par les GDS, participe au remboursement des frais de traitement.
Retard de vaccins
L'Ille et Vilaine a reçu, le 12 août, une dotation de vaccins légèrement plus élevée que prévue (166 000 au lieu de 133 000). "Mais nous sommes loin des attentes et le calendrier conserve un mois de retard", poursuit Louis Blandel. Des démarches ont été entreprises depuis plusieurs semaines, auprès des instances nationales. La semaine dernière, les GDS bretons et la Chambre régionale d'Agriculture ont renouvelé cette demande en adressant un courrier à Michel Barnier, ministre de l'Agriculture. "Il y a véritablement urgence pour que nous puissions disposer des vaccins nécessaires pour protéger au plus vite le cheptel breton".
Mobilisés par les GDS, les éleveurs sont prêts pour vacciner leur troupeau et beaucoup d'entre eux se sont inscrits depuis plusieurs semaines auprès de leur cabinet vétérinaire. Début septembre, l'Ille et Vilaine devrait encore recevoir 342 000 doses, ce qui permettrait de vacciner 90 % du cheptel départemental. Les 3 autres départements recevraient des vaccins dans la première quinzaine de septembre, pour environ 50 % de leur cheptel. Pour les responsables régionaux, les rassemblements d'animaux ne représentent pas de réels risques au regard de la FCO, à condition de respecter la réglementation : animaux et moyens de transport désinsectisés quelques jours avant.
Patrick Bégos
Photo : De gauche à droite : Didier Vaucel (DSV 35), Loïc Daniel (GDS 22), Louis Blandel (GDS 22)
Renforcer les mesures d'hygiène
L'alternance de pluie et de chaleur crée les conditions idéales pour la prolifération des moucherons, véhiculant le virus. Au-delà des mesures de désinsectisation, l'une des précautions consiste à améliorer l'hygiène dans l'élevage. Les zones humides dans les bâtiments, au pied des abreuvoirs, près des bacs à eau, sont des zones propices au développement des moucherons. Les résidus de maïs ensilage, les tas de fumier proches des animaux, sont des réservoirs possibles. Renforcer l'hygiène, c'est un moyen à la portée de tous, pour mieux se protéger.
Les communes concernées En Ille-et-Vilaine
- La Selle en Luitré
- Landéan
- St Christophe de Valains
- Thourie
- Cardroc
- Le Petit Fougeray
- Torcé
- Treffendel
En Morbihan
- Nivillac