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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°8636 |
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Porc / Coût alimentaire - La marge à suivre
 
Pendant plus de vingt ans, l’évolution du prix de l’aliment s’est clairement inscrite à la baisse. Il y a eu certes des variations. Mais, elles ont été  limitées à moins de 10% d’une année à l’autre. Dans le même temps, le prix de vente des porcs suivait lui aussi une baisse tendancielle avec, par contre, des fluctuations annuelles beaucoup plus marquées.

Des variations plus fortes

La flambée du prix des matières premières change la donne. Des besoins en céréales plus élevés que les disponibilités du marché ont entraîné une diminution des stocks mondiaux. De fait, nous arrivons aujourd’hui à une gestion en flux tendus. Tous les économistes s’accordent à dire qu’il faudra désormais compter avec des céréales plus chères. Les changements climatiques risquent d’accentuer les phénomènes de sécheresse et d’inondations, entraînant par là même une variation plus importante de l’offre. L’arrivée de spéculateurs sur le marché des matières premières vient amplifier les variations de prix au-delà du fonctionnement du marché, basé sur l’offre et la demande. Tous ces facteurs devraient contribuer à des fluctuations plus importantes sur le prix des céréales et, par voie de conséquence, sur le prix de l’aliment.

Un repère majeur

Dans un contexte mouvementé, où les perspectives sont de plus en plus délicates à tracer, à quel niveau le marché va-t-il se stabiliser ? Sommes-nous actuellement au sommet ou doit-on s’attendre à d’autres rebondissements ? Si le prix de l’aliment est remonté à son niveau des années 80, ce n’est pas encore le cas du prix de vente des porcs qui s’affichait à l’époque à 1,60 € (prix de base). Or, ce qui compte, c’est bien le rapport entre le cours du porc et le prix de l’aliment ainsi que la marge sur coût alimentaire qui en résulte.
Au-delà du point d’équilibre, la marge sur coût alimentaire devient le critère essentiel à mettre en perspective. L’analyse des données passées montre que cette dernière se maintient, notamment en raison de l’amélioration permanente des performances techniques dans les élevages. Aujourd’hui, l’indice de consommation (IC) s’affiche à 3 en moyenne. Il y a 25 ans, il s’établissait à 3,70 soit 700 g d’aliment de plus pour produire un kilo vif de porc !

Priorité à la maîtrise du coût alimentaire

L’efficacité alimentaire s’est nettement améliorée au fil des années. Mais, les écarts entre élevages restent très importants. Dans le quart des exploitations présentant les IC les plus élevés, les porcs consomment 560 g d’aliment de plus par kilo vif par rapport aux quart présentant les IC les plus faibles. Avec un prix d’aliment à 160 €/tonne, l’incidence économique était déjà de 0,12 €/kg net. Avec un aliment à 260 €/tonne, c’est 0,19 €/kg net
Le coût alimentaire pesait déjà plus de la moitié du coût de revient sur les dernières années (55 %). Aujourd’hui, c’est près des deux tiers ! En quelques mois, le coût de revient est passé de 1,20 €/kg de carcasse à plus de 1,60 €, avec un coût alimentaire dépassant les 1 €/kg net.
Tout ce qui pourra être mis en œuvre pour maîtriser les dépenses alimentaires apparaît donc prioritaire. Il s’agit notamment de :
- maîtriser le sanitaire pour limiter les pertes et obtenir l'expression du potentiel des animaux,
- adapter les plans d'alimentation pour éviter les gaspillages et viser la meilleure croissance,
- et pourquoi pas, devenir autonome en produisant son aliment…
C’est la combinaison des actions entreprises qui déterminera la rentabilité du système.

Limiter le risque

Jusqu’à présent, les variations conjoncturelles étaient essentiellement dues à des amplitudes sur le cours du porc. Cette fois, c’est la flambée du prix des matières premières qui met à mal la rentabilité de la production. À l’avenir, ces deux composantes de la conjoncture porcine joueront sur le résultat. L’amplitude de marge sur coût alimentaire pourra être plus forte que par le passé. La gestion du risque prix devient une nouvelle composante du métier.
On entend beaucoup parler de couverture de risque en prenant des options sur le marché à terme. Encore faut-il y être formé, avoir du temps à y consacrer pour suivre de près et en permanence les cotations, tant les fluctuations quotidiennes peuvent être importantes. Viser l’autosuffisance alimentaire avec une autonomie foncière peut être une voie pour se prémunir des variations du marché. Encore faut-il disposer de foncier ou avoir des opportunités qui puissent laisser un gain substantiel. En outre, le foncier n’est pas extensible et, il convient de mesurer les contraintes à se lancer dans le nouveau métier de fabricant d’aliment.

Véronique Kerlidou
CER France Finistère

Photo : Les producteurs de porcs étaient déjà confrontés à des variations sur le prix de vente de leurs porcs. Le prix de l’aliment variait moins. Avec une conjoncture céréales plus fluctuante, l’amplitude sur le prix d’aliment sera aussi plus forte à l’avenir.


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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 14 Août 2008
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