
Avec un effectif d'un peu moins de 5000 truies pour 252 éleveurs (donnée Agence bio 2007), la filière porc bio dispose à ce jour d'assez peu de références techniques. Notamment pour combler ce retard, la France s'est lancée, depuis 2007 et avec six autres pays européens (Allemagne, Danemark, Autriche, Suisse, Royaume-Uni et Suède), dans un programme de recherche sur la santé des porcs en élevage bio baptisé "Corepig". Si le projet est européen, son financement émane des pays concernés. Inter Bio Bretagne (IBB) coordonne, pour la France, ce programme. Parmi ses partenaires, on compte l'Inra de St-Gilles, l'École vétérinaire de Nantes, les Chambres d'agriculture de Bretagne et de Pays-de-la-Loire et la Frab.
Vers un outil de surveillance
"L'objectif de Corepig est d'aboutir, en 2010, à la mise en place d'un système de surveillance et de gestion basé sur le concept de l'HACCP (système d'analyse des dangers et de maîtrise des points critiques) pour aider les éleveurs, explique Gérald Cartaud, coordinateur du programme de recherche à IBB. Pour ce faire, nous nous baserons sur les deux premières parties de l'étude, à savoir la synthèse des connaissances actuelles et l'étude épidémiologique que nous réalisons en ce moment au sein de 100 élevages naisseurs." En France, 20 élevages sont actuellement enquêtés dans ce cadre, dont 10 en Bretagne (la région fournit, avec les Pays-de-la-Loire, pas moins de la moitié de la production française de porc bio). Niveau sanitaire de l'élevage, niveau parasitaire des animaux (porcelets en post sevrage, truies et porcs à l'engraissement)… les élevages enquêtés sont passés au peigne fin en vue de recueillir le maximum de données. Pour uniformiser les façons de travailler, les responsables du projet dans les différents pays se sont aussi réunis, début juillet, à Rennes et au sein de deux élevages d'Ille-et-Vilaine.
Trois points clé
L'outil de surveillance devant être mis au point se focalisera sur trois problèmes principaux : la mortalité en pré et post sevrage, les problèmes parasitaires ou cliniques tels que les diarrhées au sevrage et les problèmes de reproduction. Dans chaque domaine, des seuils d'alerte seront définis. L'objectif est que l'éleveur soit prévenu, par un signal, si l'un de ces seuils est atteint. Le système doit également proposer des solutions. "Avant d'être finalisé, le programme de surveillance sera évalué sur 32 élevages de 4 pays pendant 9 mois, détaille Gérald Cartaud. L'évaluation intègrera notamment le temps demandé à l'éleveur pour l'utiliser." Pour la mise en place de l'outil, les responsables de l'étude bénéficieront aussi de l'avance prise en la matière par les Danois. Ces derniers ont déjà travaillé sur la question et testent actuellement un outil de surveillance sur cinq de leurs élevages.
Anne-Laure Lussou
Photo : Les responsables du projet dans les différents pays se sont retrouvés, début juillet, notamment sur l'élevage de Pierre-Yves Govin à Romillé (35).