
Les nouvelles, sur le front de la fièvre catarrhale ovine (FCO), ne sont pas bonnes. Elles sont même plutôt inquiétantes en l'état. "Le premier élément d'inquiétude est l'actuelle flambée de la maladie, qui intervient avec quasiment un mois d'avance par rapport à l'an dernier", explique Jean-François Tréguer, président de l'Union bretonne des GDS (UBGDS). Plus de 1500 cas étaient, ainsi, confirmés au 30 juillet en France depuis la reprise de l'épidémie début juillet. Plus grave, nombre d'entre eux (carte) se situent aux portes de la Bretagne (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Sarthe) et il existe des suspicions en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan.
"Les ovins, en particulier, sont plus touchés que l'année dernière par la maladie, avec un ratio d'animaux malades qui peut atteindre 30 % du troupeau", poursuit Patrick Le Provost, directeur de l'UBGDS. Cependant, côté ovins (les premiers à devoir être vaccinés d'après le protocole), l'ensemble des élevages professionnels bretons a pu être vacciné et le vaccin – bonne nouvelle – a prouvé son efficacité (sur ovins comme bovins). Pour les détenteurs non professionnels d'ovins qui ne se seraient pas encore manifestés auprès de leur vétérinaire, il est encore temps de le faire, pour le bien de tous.
Bovins dans l'attente
La situation est plus compliquée du côté des bovins. "Notre second élément d'inquiétude vient du fait que l'arrivée des vaccins des bovins a quasiment un mois de retard en raison des difficultés de production du laboratoire en charge de sa fourniture, reprend Jean-François Tréguer. L'Ille-et-Vilaine, qui devait être livrée en juillet, n'a reçu, au 28 juillet, que 125 000 doses sur les 398 400 prévues." Les trois autres départements bretons n'ont encore rien reçu, ce qui n'appelle pas de remarque particulière puisque la livraison était prévue en août. Il est néanmoins permis de craindre des retards compte tenu de la situation.
Or, un retard de vaccination, alors même que la maladie n'a que quelques kilomètres à franchir pour atteindre la Bretagne (même si une sorte de "barrière" a déjà pu être constituée au Sud de l'Ille-et-Vilaine avec la vaccination des élevages) pourrait être lourd de conséquences, quand on sait les effets de la FCO dans les élevages touchés (pertes de production, avortements, stérilité, etc.). "Il y a urgence à disposer des doses suffisantes pour vacciner tous les élevages, concluent donc les responsables de l'UBGDS. Les vétérinaires sont prêts, il nous faut les vaccins au plus vite."
Pouvoirs publics interpellés
Et les responsables sanitaires bretons d'interpeller tous azimuts pour obtenir gain de cause. En plus d'avoir envoyé une lettre à tous les parlementaires bretons, ils devaient être reçus, jeudi 31, par le Préfet de Région pour l'interpeller sur la question. Le même jour était prévue, au ministère de l'Agriculture, une réunion sur le programme de répartition des doses de vaccins. Certains en viennent déjà à critiquer le protocole vaccinal retenu par la France (à savoir vacciner d'abord les régions touchées l'année dernière, avant les régions indemnes). Mais l'urgence n'est pas là : elle est dans la fourniture des doses nécessaires pour les élevages bretons. En espérant que, d'ici là, la maladie ait pu être cantonnée là où elle est.
Anne-Laure Lussou
Les recommandations des GDS
À ce stade, les recommandations principales des GDS sont au nombre de deux :
• En cas d'introduction de bovins : les GDS recommandent d'acheter de préférence des animaux préalablement vaccinés (si possible depuis au moins cinq semaines par rapport à la première injection). En cas d'introduction de bovins non vaccinés, il est conseillé de les désinsectiser et les isoler.
• En cas d'exportation de broutards : les éleveurs possédant des broutards qui peuvent être exportés sont invités à prendre contact avec leur vétérinaire car des doses sont disponibles pour les vacciner.